Coda

dimanche 30 octobre 2011 § 21 Commentaires

Ce jour n’est même pas un jour de pluie.

Si vous imaginiez le nombre de fois où j’ai failli écrire cet article. Tout blogueur arrive un jour à ce moment.

 

Le plus étrange c’est que c’est toujours au mois de Novembre. Je n’aime pas ce mois de Novembre, ce temps gris à rallonge où la nuit arrive si tard, où le monde se suspend. C’est même marrant que les gens se suicident moins en Novembre qu’en Décembre ou qu’en Avril. Mais bon.

 

Voilà Gromitflash

Qui était Gromitflash ? D’abord un P1 frustré, un gars sorti du lycée qui trainait toujours son pseudo de gamer/chatteur. Gromitflash avec ses fautes d’orthographes, avec ses délires obscènes et ses jeux de mots inexistants. Le P1 frustré avait envie d’être plus qu’un P1. Il voulait être vu, il voulait être rassuré et brulait d’être reconnu comme un auteur. Un faux écrivaillon qui écrivait sa vie. Quand j’ai relu mon ancien blog, je me suis presque senti mal devant la qualité des articles.

Mon ancien blog tiens. Je me suis souvenu de plein de choses, de filles que j’avais oubliées et avec qui j’avais pourtant de bons contacts à l’époque. Je ne trouve même plus leurs visages dans la foule des inconnus qui ont un jour tenté le concours d’entrée en médecine. Oh il y en a que je revoie de temps à autre. Mais c’était il y a presque 5 ans maintenant. 5 ans de blogging avec entre 1 et 5 billets par semaines, avec une vie qui n’existait pas.

Peu à peu Gromitflash est devenu mon masque virtuel, ma défense. Il avait ses excès, ses envies. Quelques qualités mais tellement de défauts. Il était pédant, parfois hautain. C’est la marque du blogueur parisien pseudo influent : tout est à Paris et on est mieux que tout le monde. Ben ouais.

Heureusement que je n’ai pas viré blogueur mode, ça aurait été tellement honteux pour moi.

 

Et puis Gromitflash devint un étudiant sage-femme. Moi aussi d’ailleurs. L’homme derrière le masque. Je crois que ça a fait mal à mes parents, à ma mère qui voudrait tellement que j’aille en médecine. J’aime ce métier. J’aime être un sage-femme, j’aime agir et aider, faire les accouchements. Voilà tout. J’aime profondément les femmes. Je n’aime pas toutes les sages-femmes par contre ; je ne suis pas sûr que toutes les sages-femmes m’aiment non plus.

 

Mort d’un masque

Il est temps pour moi d’avancer, donc. J’ai ce masque de Gromitflash, et plus je regarde ce masque, plus je vois qu’il n’épouse plus les traits de mon visage. Au début c’était un beau masque, un masque presque vrai. Il s’est teinté de tant de choses. Un peu d’ironie, de la passion, de la représentation. Voilà un peu le mot. Ce masque qui au départ était un présentoir d’écrit en gestation est devenu dévorant.

A force de porter un masque pareil, les gens ne font plus la différence entre le masque et la personne qui le porte. Les masques sont inutiles.

 

Un beau matin, à la fin du mois d’octobre, quelques amis et moi en avons parlé. Nous sommes allés à un bel endroit, un peu dégagé et nous avons brûlé le masque.

Je ne suis plus Gromitflash en fait. Je ne l’ai jamais été. C’est peut-être ça ce qu’il y a de plus dur à comprendre. Le personnage n’est pas l’acteur.

 

Le temps où je jouais un rôle est terminé. Il est temps de saluer le public.

 

Coda.

Accord Final.

 

Post-scriptum

Pendant que le public applaudit, j’aimerai remercier le public. Ceux qui me lisent et qui m’ont toujours motivés à écrire. Parce que j’écris pour être lu et c’est le nombre croissant de lecteur qui a toujours été un moteur indispensable pour moi. J’ai grandi grâce à ce blog, j’ai déchargé bon nombre d’émotions positives et négatives durant les 3 dernières années.

J’écrirai encore. Mais plus sous ce nom. D’ailleurs, sauf exceptions, vous ne saurez même pas qu’il s’agit de moi.

 

Merci à vous.

Le marronnier et le serpent de mer

mercredi 5 octobre 2011 § 3 Commentaires

Le sujet de cet article pourra vous sembler évident à plus d’un titre.

Ah, le marronnier, cet arbre magnifique qui orne tant de jardins, tant de bâtiments. Et oui, je vais vous faire un billet sur les marronniers. Il faut dire qu’en ce moment ils pullulent. Comment ne pas céder à la tentation ? Comment ne pas se laisser tenter par ces magnifiques bestioles. Tu tapes dedans t’as un article de blog tout cuit qui te tombe dans les pattes, encore chaud parce qu’il a juste eu le temps de réchauffer.

 

Un marronnier, c’est un sujet qu’on a toujours à un moment de l’année parce qu’il n’y a de toute façon rien d’autre à raconter. Ah le beau tronc rassurant plein de nervures et des caractères qui soutient un si épais feuillage.

 

Manifestation (serpent de mer)

On en avait parlé le 12 mai dernier, et donc on était dans la rue hier. On a manifesté sur un petit trajet (Montparnasse –Ségur, 4 stations de métro, moins d’une heure) pour aller devant le ministère de la Santé et pour négocier avec des gens qui n’avaient pas de mandat pour négocier. On était… beaucoup. D’après moi facilement 1500, d’après France Info 2000 et d’après Libération 3000. C’est marrant de voir comme on nous aime, les journalistes se sont comptés eux même et on compté les nouveau-nés. Oui, parce qu’il y a des nouveau-nés qui manifestent pour nous.

J’aime toujours autant les manifestations de sage-femme. Ca rit beaucoup, ça hurle, ça chante. C’est parfois bien organisé, parfois moins. Les journalistes viennent taper la discute pour avoir plein d’information. Mais vous le savez vu que vous lisez un peu la presse/regardez la télé/écoutez la radio.

Ce que j’aime par-dessus tout c’est revoir des copines jeunes diplômées, des étudiants qui montent de province et que je vois assez peu. Parce que dans mon milieu les gens ont tendance à rusher les manifestations parce qu’on aime mettre des pyjamas de blocs et des blouses roses, des badges, brandir des cigognes et hurler des slogans type « On vous a vu tout nu, on veut être reconnues ! »

 

J’ai d’ailleurs devant le ministère croisé @10lunes. Maintenant je sais que vous êtes tous jaloux. Mouhahaha !

 

L’intégration (marronnier)

J’ai fait mon week-end d’intégration et j’en suis à nouveau enchanté. Je croise très très fort les doigts pour qu’il s’agisse du dernier (mais nous savons tous, vous et moi, que cette année va m’être difficile).

Une intégration c’est toujours un grand moment. On part à 60 (30 vieux, 30 nouveaux) et on repart à 60 (60 étudiants sages-femmes). Si j’ai quelques messages à faire passer, c’est ça :

  • Un week-end d’intégration c’est une bonne occasion de découvrir ses études, son milieu, son école/fac et de rencontrer du monde. Au début, après une PACES on est un peu largué et on ne connait personne. Le WEI ça permet justement de faire connaissance.
  • Une intégration repose sur le fait que tout le monde fasse la même chose ensemble. S’il y a un petit groupe qui oblige le reste du groupe à faire des choses, alors c’est du bizutage. C’est important de saisir la nuance, parce que l’intégration est un moment de convivialité et que le bizutage est un délit punit de prison.
  • Une intégration propose des activités ludiques et ô combien stupides. Il est tout à fait possible de ne pas faire ces activités stupides si on trouve ça moche. L’important c’est de s’amuser.

Après, au programme de cette année on a fait des jeux de l’âne modifier avec des pancartes femmes enceintes et des fœtus sur du carton (« Colle le fœtus sur le ventre… à gaaaauche ! Naaaan ! A droite ! Plus viiite »), des batailles d’eau et un genre de balle au prisonnier avec un poisson. J’ai sauvé la soirée avec mon ordi et mes talents de DiJay et j’ai rencontré plein de jeunes L2. Ils sont là, ils sortiront avec un master 2 de maïeutique et ils portent en eux l’espoir d’une nouvelle génération.

 

Ah et j’ai une nouvelle fillote qui est en L2. La première fois que je l’ai vu, j’étais en 3e année en néonatologie à faire des soins à des nouveaux-nés ictériques. Surtout de l’élevage. Biberon, change, soin. Elle était en terminale, indécise. Quelque chose dans le médical, en rapport avec la périnatologie. Mais elle ne savait pas vraiment quoi.

On s’était posé avec un bébé chacun dans les bras à leur faire boire leur bib et on avait parlé de la profession de sage-femme. La suite de l’histoire je ne l’ai eu que ce week-end. Elle est arrivé en PACES, elle a vu le concours de sage-femme, elle s’est classé en médecine juste pour le plaisir de dire qu’elle allait en sage-femme.

Mine de rien, ça fait un petit quelque chose de se dire qu’une rencontre, quelques mots et un peu de motivation, ça permet de créer des vocations.

Je pense que je vais la revoir. Ca m’intéresse de savoir comment se passera son année.

 

Hey, il est pas beau mon marronnier ?

A trois petits points d’un drame

jeudi 29 septembre 2011 § 3 Commentaires

J’étais en cours de génétique, à regarder la prof parler de donneur intrafamilial et de mucoviscidose.

Je regardais nonchalamment la vie des gens quand tout d’un coup j’ai vu un truc sur Facebook (ma vie est passionnante, je sens qui vous êtes à deux doigts de fermer cette fenêtre/passer au feed suivant). C’est un statut classique de recherche d’attention, si facile à repérer car se finissant par un signe de ponctuation caractéristique.

Trois en fait.

Trois petits points.

 

Ponctuation, mon amour

Vous allez penser que ce petit billet est incongru.

Il l’est.

Mais je veux chanter mon amour de la ponctuation et les problèmes inhérents à son usage sur les réseaux sociaux et dans la vie courante. Vous vous souvenez de ces virgules, de ces points virgules ; ces bestioles étranges aux noms alambiqués – qui fait hurler le puriste qui souhaite son cadratin dans un texte.

Presque tout le monde l’utilise. Enfin… Ceux qui ont conscience qu’une phrase se termine par un point.

 

Moi, j’aime la ponctuation. Comme dirais mon manuel de bonnes manières (oui, j’ai un manuel de bonnes manières), la ponctuation est la politesse de l’expression écrite. J’ai même décidé de faire un petit billet sur mes préférés.

 

Le point-virgule

J’ai un amour particulier pour le point-virgule. Parce que c’est un peu le mal aimé.

J’ai ce souvenir particulier de cette virgule bâtarde, de cette bestiole indéfinie que mon instituteur avait posé sur le tableau avec l’air de s’en moquer presque.

« C’est une virgule, mais un peu plus longue, c’est tout. »

Jugement sans appel de mon cher point-virgule qui se voit réduit à un signe archaïque et inutile, quelque part entre la pause et le soupir dans la lecture orale. Certains, d’ailleurs, arguerait de l’évolution de la syntaxe vers les phrases courte pour l’écarter ; le pauvre qui est déjà si maltraité. Parce qu’au fond, sans phrase longue, point de point-virgule. Proust avait ce mérite de l’utiliser fréquemment. D’ailleurs sans lui, lire Proust à l’oral serait un calvaire.

 

Alcanter de Brahm

J’ai un regret, c’est l’impossibilité d’user du point d’ironie. Ce point magique qui n’a jamais été dans le cœur des typographes, que votre navigateur ne connait peut-être même pas.

Ah, que de situations embarrassantes ce point aurait pu m’éviter. Vous imaginez pouvoir signer un statut Facebook ou Twitter « Au moins il sait se servir de ses doigts (point d’ironie) » Que de questions, que de puissance dans ce simple point d’ironie mis en fin de phrase, occultant une part essentielle du récit d’une possible impuissance, d’une mocheté repoussante ou d’un autiste pianiste de talent.

De nos jours, en langue française, qu’a-t-on ? Le contexte. Merde au contexte. Une blague ne peut plus tenir dans 10 mots, il faut 2 phrases d’introduction.

Si un mec qui renouvelle les polices informatiques m’entend, pitié ; ajoutez un point d’ironie.

(D’ailleurs je proposerais bien une virgule d’exclamation, ça pourrait noter un crescendo intéressant)

 

Les points de suspension

Mes meilleurs ennemis. Je les ai tant et tant usé qu’il ne m’en reste parfois que deux.

J’en ai abusé à l’époque où j’appréciais les ellipses et faire genre je fais des aposiopèses dans mes billets de blog… Parce que ça le fait trop quoi…

Je ne le fais plus. C’était aussi l’époque où j’étais au milieu de ma période romantico-adolesço-baroque. Vous aviez pas au lycée des mecs habillés tout en noir avec les cheveux longs qui disait à tout le monde « (voix qui mue) t’es trop conformiste, tu te la pète avec ton sac et ton esprit consumériste mais t’es juste une victime que la société exploite, je te plains ». J’ai presque parfois d’avoir été une créature de ce genre.

Ces points de suspension ont commencé à m’horripiler quand m’a sœur m’a fait la lecture de ma correspondance sms personnelle avec des filles (il semble que les sms soient un terrain de jeu pour toutes sortes de trucs à suspension (je ne parle pas que des fans de tuning (si vous avez compris cette blague vous avez le droit de rire, bien sûr), bien sûr), bien sûr) où les principaux commentaires touchaient au nombre de points dans la suspension. Classiquement entre deux (ce qui est incorrect) et quatre (ce qui ne l’est qu’en fin de phrase). Parce que selon le nombre de point (2, 6, 12, 7) ce ne veut pas vraiment dire la même chose.

 

Encore eût-il fallut que je le susse.

Murderer

vendredi 23 septembre 2011 § 4 Commentaires

Accroché à une table avec une perf dans chaque bras, le temps doit sembler long.

 

En ce moment la mort rôde. J’ai l’impression de la voir un peu partout. J’avoue que j’ai envie de reparler de l’affaire Troy Davis.

Je sais que ça vous emmerde de continuer à en reparler parce qu’on vous en a rebattu les oreilles. Mais moi j’ai besoin d’écrire dessus.

 

La suite de l’histoire

Donc à 19h, heure locale, accroché à une table, sanglé, avec une perf dans chaque bras, le temps doit sembler long. Puis il y a du liquide qui coule, il y a le cœur qui ralentit et les poumons qui ne remplissent plus. Le curare et le chlorure de potassium ont des vertus incomparables pour arrêter la vie d’un homme. Et donc, tranquillement, il désature. Ce n’est que l’une des pires souffrances que l’on puisse infliger à un être humain. Heureusement qu’il est « endormi », au moins ses hurlements n’atteindront pas les témoins. Ca pourrait déranger.

Ainsi, à 19h, Lawrence Brewer est exécuté dans une prison du Texas. Condamné à mort pour double meurtre raciste prouvé et démontré dans les règles après quelques années d’activisme dans cette si belle organisation qu’est le Klux Klux Klan.

 

Et Troy Davis subira le même sort, 4h plus tard après avoir passé 4h sanglé sur une table pendant que des vieux cons qui font sous eux à Washington se demandaient s’ils remettaient ça à trois jours ou s’ils le tuaient maintenant. Youhou, super ambiance sur Twitter et sur le live de DemocratyNow. Parce que oui, j’ai suivi jusqu’à 5h du mat’ et j’y ai presque cru jusqu’au bout. Presque.

 

Twitter, amour et haine

J’ai suivi ça sur Twitter donc. C’est tendance quoi. C’est le média du 23e siècle avec de l’avance où tout et n’importe quoi sort. J’ai eu parfois envie de vomir, parfois j’ai discuté avec des gens intéressants.

Il y avait quelques petites tendances que j’ai plus ou moins détestées.

  • Il y a ceux qui veulent l’exclue. Twitter c’est l’instantané et le fun. Il faut que le scoop sorte parce que le scoop c’est ce qui garantie d’avoir des retweets, des followers, de l’influence quoi. Tellement mieux d’exploiter la médiatisation pour faire du buzz. Aussi, voir 150 tweets qui se battent en duel en annonçant tout et son contraire… c’est rien hein. On sera le premier à avoir raison. Quoique.
  • Il y a ceux qui font de l’humour noir. De toute façon c’est d’usage. Twitter c’est du lol, du fun, de l’éclate. Alors une blague de mauvais goût à 1h du mat’ sur l’air de « C’est bon, ils l’ont piqué ? Je peux retourner à mon épisode de Glee ? » c’est de l’ordre du normal. Surtout quand on a quelque milliers de followers, histoire de montrer que les dieux sont au dessus de ces préoccupations des mortels comme le coût de la rentrée, les tsunami et la lutte contre la peine de mort.
  • Il y a ceux, enfin, qui m’ont vraiment horripilé. Et parmi eux je citerai Amnesty International US.

Là normalement le lecteur me dit « Euh ? Quoi ?! Mais eux, c’est les gentils non ? »

Ben là, oui et non.

En fait j’ai détesté une chose cette nuit là. L’argument principal reposait sur l’innocence de Troy Davis. Je suis d’accord, la mise à mort d’un innocent est une tragédie. Et les conditions de ce meurtre organisé par l’Etat est contraire à toutes les conventions des droits de l’homme, tant il atteint la victime dans sa dignité. Rester devant des témoins dans cette position pendant 4h, avec des témoins, sans pouvoir aller uriner, sans pouvoir se mouvoir, c’est grosso-modo ce qu’on peut faire de pire. Même les gens qu’on pend, qu’on guillotine ou qu’on fait griller sur une chaise, voir qu’on gaze, n’ont pas ce problème.

Mais j’ai détesté la grande majorité des tweets anglophones que j’ai vu passer.

 

La question de la peine de mort

La plupart de ces tweets était du type « Qui est Troy Davis ? Un homme condamné sans preuve ! Arrêtez l’exécution ».

Davis, c’est un mec qui s’est battu pendant 15 ans contre la peine de mort depuis sa cellule. Et tout ce qu’on reprochera à l’Etat de Géorgie, c’est le meurtre d’un innocent.

 

J’ai un genre de malaise en fait. Toute cette agitation médiatique, tous ces tweets, c’était juste pour un homme et non pas pour la cause de cet homme.

Je n’irai pas jusqu’à dire que Troy Davis est mort en vain. Mais son pays est peuplé d’une grosse tripotée de cons.

 

Je suis heureux de vivre dans un pays où la peine de mort a été abolie. 30 ans. Je me souviendrai toujours de ces vidéos de Badinter, de son plaidoyer contre la peine de mort au procès de Patrick Henri, quand son seul argument fut qu’un pays civilisé ne devait pas laisser l’Etat séparer un homme vivant en deux pour des objectifs de dissuasion qui n’ont jamais aidé personne : ni les familles, ni les victimes, ni les futurs meurtriers et leurs futures victimes.

Il est inacceptable qu’un pays qui se dit civilisé comme les USA puissent tuer des gens en leur donnant le choix entre la pendaison et la chaise électrique (ô Montana, pays des ploucs et des glaces éternelles). Ne serait-ce que parce que si le condamné est un peu trop gras il aura droit en plus de sa pendaison à des fractures parce qu’il est trop large pour la trappe ; ou alors à un barbecue gratuit dans le rôle du méchoui sur la chaise électrique.

Il est inacceptable qu’un pays organise la mise à mort d’un être humain quelque soit le prétexte invoqué. L’Etat ne devrait pas être un meurtrier. D’ailleurs ils n’assument tellement pas qu’en règle générale ce sont les jurés qui poussent ensemble les boutons qui sont tous, sauf un, sans effet. Histoire de dire que personne n’a tué le condamné. C’est une simple hypocrisie.

Je trouve qu’on n’en a pas assez parlé. Et c’est anormal.

Une histoire de Queue

mercredi 21 septembre 2011 § 8 Commentaires

Ainsi votre héros entra en 5e et dernière année.

 

Je n’aime pas la rentrée. Et j’ai détesté celle là plus que les autres. Je suis resté au fond de mon lit, à regarder le plafond en écoutant le réveil sonner. L’impression que mes vacances d’été se sont enfuient en courant tant le mois et demi qui m’été échut est passé vite.

Et surtout je n’aime pas cette rentrée parce que, si tout va bien, c’est ma dernière rentrée. Bientôt la quille, comme dirait l’autre.

 

Résumé des épisodes précédents

Mon été a été d’une platitude totale. J’ai été à La Rochelle deux fois, j’ai été gavé dans des restaurants gastronomiques par mes parents (et mine de rien, entrée-plat-dessert quand on est habitué à plat, voir plat de nouille, ça donne des difficultés digestives). J’ai bossé, beaucoup. Peut-être trop peu mon mémoire. J’ai pris 4 jours de vacances avec des potes qui se sont transformés en 4 jours de boulot à 50%. Pourtant quand je ré-entends le « Ah non ! C’est des vacances, on va à la plage et on se met en off » j’ai envie de rire.

Bref passons.

Je suis parti à Lille pour le Congrès de la FAGE. On a causé Enseignement Supérieur, Questions Sociales, Communication. C’était cool de revoir plein de copines et de tailler un bout de gras avec elle. Plus elles montent en puissance, moins elles sortent là où je les vois d’habitude. Alors il faut bien que je m’adapte. Et ensuite je suis rentré chez moi pour la dernière ligne droite.

 

Et c’est là qu’a commencé le premier acte de la rentrée.

 

AES ?!

Ce premier acte commença par un appel banal. « Hey c’est **** ! Ca va ? T’es au –nom de bar– ? Je t’appelle parce qu’on découvert que Mme Y que t’as accouché en Juillet a fait une séroconversion VIH pendant sa grossesse et qu’on le savait pas ». Voyons. On se concentre, on repense. On voit la tête de la patiente (un truc niquel, une IIe pare, un accouchement génial, juste une petite déchirure que j’ai suturé… ) et puis on repense donc à la suture et le doute tacle l’esprit. On panique, presque, de façon totalement irrationnelle. Les gens autour nous regarde, blanc avec un téléphone à l’oreille.

J’ai donc appelé la cadre. Elle m’a dit qu’elle voyait et m’a rappelé une semaine après. Elle m’a envoyé une lettre qui est restée sur mon bureau jusqu’à mon retour de Lille. Et même, j’ai mis du temps à appeler pour prendre un premier rendez-vous. Que j’ai décalé. Et le jour du rendez-vous je suis arrivé avec 15 minutes de retard. Il y a peu de risque hein. Mais tout de même.

La médecin du travail m’a vu en coup de vent pour me demander les circonstances exactes de l’accident. Elle a râlé contre les conditions de travail des sages-femmes, la non utilisation systématique de lunettes de protections à usage unique, m’a demandé pourquoi on ne faisait pas tous les accouchements en casaque… Ah mais je suis d’accord. Juste que les maternités publiques ne sont pas Crésus et que sortir une casaque à chaque accouchement (avec les précautions d’habillage stérile) pour un geste qui au final reste surtout très propre, c’est dur.

Au moins ça me donnera une ligne de défense si je vais au tribunal administratif. ^^

 

Administration mon amour !

Et j’ai enchainé sur le deuxième acte : inscription à l’Université. Parce que oui, mon école est plus ou moins intégrée à l’Université, ce qui signifie que tous les ans je perpetue le même rituel.

Donc d’abord il s’agit de se motiver pour y aller. On sait que c’est une succession de queues. Oui, le jeu de mot graveleux est assumé.

Première queue : aller chercher son dossier quelque part au fond de la scolarité de la faculté de médecine. Je me plante devant le gars des inscriptions avec aplomb et force et je lui dit un beau « Salut ! Je viens m’inscrire en dernière année de sage-femme !» Il me jette un regard sceptique, regarde trois-quatre feuilles et me dit « Ah tiens, ouais ». Genre je suis improbable. Il me tend donc un dossier de réinscription.

Je hais ces dossiers. Déjà ils commencent par « Quel est votre numéro international étudiant à 14 chiffres ». Comment je remplis ça, j’ai autre chose à foutre qu’à m’en souvenir par cœur ok ?

Une fois les quatre feuilles cartonnées remplies, je le rend au mec qui discute avec moi 5 minutes de ma sécurité sociale. Non, je vous lâcherai pas un chèque de 200€ pour ma sécu, je la cotise tous les mois. Je la cotise ? Oui, je suis étudiant hospitalier. Oui je suis étudiant sage-femme, donc étudiant hospitalier. Il finit par céder, me met un coup de tampon et m’envoie en face.

 

Deuxième queue donc. Interminable. Cette queue est une #meta-queue. En fait, il faut juste faire la queue pendant 2 heure pour qu’une guichetière au sourire magnifique (cependant) regarde les 4 feuilles, y scribouille un truc et nous dise de passer dans une autre queue.

 

Troisième queue donc. On attend qu’un poste se libère pour qu’un étudiant sous-payé par l’université prenne la feuille et la code dans l’ordinateur. Voilà. Tout ça pour ça. Ils nous donne alors un papier pou aller faire la queue aux caisses.

 

Quatrième queue, celle qui fait le plus mal. C’est le moment où on passe à la caisse pour faire cracher au baquet. On prendra les cartes bleues et les chèques. On prend seulement la monnaie pour les boursiers.

Et quand on croit que c’est fini, ça continue : cinquième queue pour avoir le certificat de scolarité. Et septième queue pour la carte d’étudiant.

 

Pour faire un mauvais de jeu de mot : « Toutes ces queues pour moi ?! » Après ça, Knackie va encore dire que je suis gay.

 

Au festival des horreurs

Ainsi le grand jour arriva. Tambour, trompettes, discours du chef de service dans un amphi minuscule. Trente secondes. Puis un cours terrible : Présentation de la cinquième année. Juste avant la responsabilité pénale de la sage-femme.

Une heure et demi où une formatrice détaille impitoyablement le programme de l’année, les échéances, les cliniques, le mémoire, le DE… Je vais mourir ! C’est presque pire que ce que je pensais, surtout quand on amène les oraux et les écrits. Quand elle lâche les coefficients et le pourcentage de contrôle continu qui compte, quatre ou cinq personnes se mettent à calculer les points qu’il leur faut.

 

Bah, j’imagine qu’on survit. Sinon il n’y aurait pas de sages-femmes, pas vrai ?

Shadows

lundi 5 septembre 2011 § 5 Commentaires

 

Un balcon au quatrième étage d’un HLM mal vieilli du 19e arrondissement avec trois pulls sur un caramantran et une bicyclette. Je voyais l’immeuble moins gris et moins tagué. Je ne me souvenais pas non plus du Franprix et du SDF qui squattent le trottoir d’en face. Et je voyais ça plus vert et plus grand.

C’est pourtant là que j’ai vécu jusqu’à l’âge de 5 ans et demi, jusqu’à ce que ma famille déménage pour le marais, ses hôtels particuliers en friche (à l’époque) et ses magasins de grossistes.

Ces derniers temps j’ai l’impression que le passé cherche à me rattraper. Une vague impression. Je ne sais pas si la fille assise sur le bord du canapé sur lesquels j’ai rêvé de cartes fleuries et d’ouzo a quelque chose à y voir. Je dois les chercher mes fantômes, peut-être qu’il faudrait que je les affronte un jour.

 

Flashback

Je suis rentré de La Rochelle avec plein de joie dans le cœur. Une semaine avec des potes formidables, un dernier jour un peu galère pour tout remettre en état et un réveil difficile le lundi matin. J’ai tracé mes rattrapages sans vraiment prêter attention à quoi que cela soit. J’avais à moitié peur de m’effondrer devant ma copie (mais j’ai souri quand j’ai vu le sujet sur la 7e pare malienne… oh, hémorragie de la délivrance ?!) et à moitié peur de trop bien réussir et de passer en dernière année.

Une fois les écrits passés, j’ai déstressé un peu. Puis il y a eu l’enfer.

 

L’enfer, c’est l’épreuve qui me déchire les trippes à chaque fois. J’ai préparé mon sac la veille, en essayant vainement de retrouver mon stéthoscope de Pinard dans le bordel qu’est devenue ma chambre. J’ai pris un petit déjeuner complet (fait rare) et j’ai regardé mes œufs aux plats avec froideur avant de les refiler à ma mère. Parce que non, mon estomac ne supportera pas ce genre de trucs avant une clinique en double jury de rattrapage. La dernière fois que j’ai tenté un truc comme ça, c’était avant mon dernier concours de PCEM1 et le quai de Laplace – Maison des Examens s’en souvient encore.

Je suis arrivé avec une demi-heure d’avance pour éviter les mauvaises surprises. J’ai vu mes compagnons d’infortunes qui avaient eux aussi la trouille au ventre et qui se soignaient en lisant leurs fiches. J’ai jamais compris l’intérêt des fiches avant une clinique.

C’est seulement avant de partir voir ma patiente que j’ai appris que j’avais en plus une restitution orale devant Monsieur le Professeur de Service. Oh tiens, mon estomac tente de s’arracher de mon abdomen pour fuir en courant cette matinée.

J’ai donc vu ma patiente (toute gentille avec un placenta bas inséré et une fâcheuse tendance à saigner), j’ai raconté sa vie au professeur de service, il m’a posé deux questions et je suis parti sans demander mon reste. Surtout qu’arrivait le rendez-vous le plus redouté de tous : boire avec ma sœur.

 

Résolutions

J’ai bu avec ma sœur. Cela faisait fort longtemps. J’ai raconté ma vie et elle la sienne. Un mois de séparation, c’est long pour nous. Après cet entretien, j’ai dû me résoudre à lui donner raison : il faut que je passe un coup de balai.

Rappeler du monde, même ceux que je n’ai pas vu depuis longtemps. Et puis appeler les gens, sortir, faire du réseau comme on dit. Une amie à moi ajouterai un #travaillonscestlesvacances mais cela peut ne pas être approprié. Ou ne pas être considéré comme du travail.

Et surtout je vais ranger ma chambre, ce chaos ambiant. Même moi je trouve qu’il y a du laissez-aller et c’est pourtant rare que je me retrouve à éprouver cela. Cela prendra du temps.

 

Wake up

Un ami m’a réveillé avec ça la semaine dernière. Je me suis réveillé avec ça ce matin. Quelques cartes de Hanafuda étalée autour d’un cadavre de bouteille d’ouzo. La partie de jeu de rôle s’est tranformé en partie de carte et on a joué jusqu’à 4h du matin.

Je suis rentré chez moi. C’est un plaisir d’avoir des amis qui habite à 20 minutes de métro.

J’ai eu un déjeuner frugal et je suis ressorti avec mon père. Pour une fois, de façon rare, on a tourné le dos au marais et nous sommes montés vers le nord.

 

Revenir dans le quartier de son enfance alors qu’on y met les pieds très rarement, c’est un peu comme se prendre une claque 100% nostalgie dans la gueule. La réalité se superpose aux souvenirs d’enfance. On voit ce qui existe encore et ce qui n’existe plus. Les grilles et les graphitis qui sont apparus. Les groupes qui tiennent les coins de rue. Les restaurants qui ont ouvert, les restaurants qui ont fermé. Je suis repassé devant mon école maternelle de la rue Rampal et j’ai collé mon visage à la porte vitrée. J’ai vu un bout de cours et la tête de la femme de ménage qui passait le balai avant la grande rentrée des classes de demain.

On s’est arrêté boire une bière dans un des rares bistrots du coin. On a descendu une rue pleine d’artiste. J’ai découvert à ce moment là qu’il y avait une nouvelle piscine tout près.

J’ai traversé le quartier comme une ombre du passé, en cherchant des repères à moitié effacés.

Qui a dit que Paris était une ville morte ?

Le miroir et le rossignol

mardi 23 août 2011 § 8 Commentaires

Il s’agit d’une énorme maternité de niveau 3 en région parisienne qui a accueillit pendant presque un mois des caméras dans un service à l’accès restreint : sa salle de naissance. C’est plus ou moins ce qu’explique la voix off pendant une séquence spectaculaire à coup de plans larges en hélicoptère, d’images de Paris (parce que Paris n’est qu’à 33 kilomètres après tout), d’ambulance sur l’autoroute et de musique catchy.

« On dirait Grey’s Anatomy ce truc… » lâche ma voisine. Je ne suis pas adepte de la série, mais on dirait bien.

 

Ce soir sur vos postes de télé, à une heure indue (23h35, parce que c’est des sujets qui choquent, après les enfants vont demander comment les madames elles sont arrivées là et comment on fait les bébés) passera Baby Boom, le nouveau programme de téléréalité de TF1. Et votre serviteur, parce qu’il s’est débrouillé, l’a vu en avant-première.

Et c’est vraiment trop mitigé pour que je ferme ma gueule.

 

Vitrine de la profession de sage-femme

Le programme est centré sur les professionnels. Médecins, sages-femmes et aides-soignants. Et les couples également. C’est dit et montré comme ça dès le départ. Pourtant le médecin est le grand absent de ce premier épisode. Tant mieux d’ailleurs, parce qu’on ne le verra que pour une stagnation en train de discuter avec la sage-femme, pour une ventouse ou pour une grande extraction du siège sur un J2 en tête. Parce que le cliché de la gémellaire issue de FIV ne nous sera pas épargné. Mais nous y reviendrons.

Il s’agit donc principalement de sages-femmes et d’aides-soignantes. Auprès des couples, à l’accueil des urgences ; dans l’office aussi, et en off. Elles parlent d’une vocation, avec un ton parfois un peu élitiste, avec le « il y en a qui sont fait pour bosser en salle de naissance, et d’autres non ». J’ai aimé le côté réalité, une équipe de garde vivante comme j’en vois en stage. Et tout n’est pas montré, juste les anecdotes les plus croustillantes. Les professionnels interrogés sont plutôt réalistes, ils expliquent que c’est beau, c’est sympa ; mais aussi que parfois la vie peut être moche et que notre boulot n’est peut-être pas le plus marrant dans ce cas là.

En soit le documentaire est plutôt une bonne vitrine de la profession de sage-femme. Ce n’est pas forcement très représentatif de ce qu’on lit sur internet, mais c’est bien le quotidien des sages-femmes hospitalières du service publique qui représente quand même la très grande majorité des professionnelles.

 

Mais après… c’est TF1 quoi. Tu t’attendais à quoi d’autre ?

Tout est dans le sous-titre. Ce programme m’a rappelé pourquoi je ne regarde jamais TF1, sauf pour les Experts et Dr House quand ma mère me l’impose.

D’abord il y a la mise en scène du montage. Parce que toutes ces images brutes sont montées. Sur les 12h de travail (qui sont présentées comme 12h de travail, longues, harassantes, fatigantes, un travail poussif sous péridurale en somme) on ne voit bien évidemment que ce qui va appâter le chalant. De même pour l’accouchement, qui passe d’une bonne vingtaine de minutes d’efforts expulsifs à une quarantaine de secondes. On voit que c’est dur mais ça s’arrêtera là. Mais tout ça, passe encore. Ce qui m’ennuie c’est que malgré les commentaires assassins des sages-femmes elle-même dans le programme lui-même au sujet des séries médicales américaines, le programme en reprend les codes. C’est un épisode de Grey’s Anatomy quoi ! Avec ses plans aériens, sa narratrice en voix off (je suis sûr qu’ils ont embauché la doubleuse française !), sa musique. C’est bien mais ça rappel qu’il s’agit d’un divertissement.

Du divertissement parlons. Le public test où j’étais, composé principalement de sages-femmes, d’étudiants sages-femmes, et de tout le personnel médical possible (de l’aide soignant au chef de service) a surtout beaucoup rit. C’est humain après tout, les patientes lâchent parfois des trucs hilarants, les professionnels ont parfois des attitudes qui rappellent des souvenirs ; comme cette sage-femme qui esquissent une danse en riant et qui entre dans une chambre en composant tout de suite son visage de pro rassurant.

On retrouve de la série américaine dans les situations. D’abord pour les clichés véhiculés. Le couple adolescent en entrée avec l’étudiante de 16 ans enceinte je trouve ça limite. Juste à côté la gémellaire issue de FIV et l’étudiantes sages-femmes qui fait son premier 4 mains (genre on va à une garde spécialement pour ça). Je me suis senti désolé pour le premier couple, je me suis senti un peu voyeur. On ne coupera pas à la future grand-mère en pleure qui dit à sa fille « Ca me fait mal que tu deviennes mère, ma petite fille » et au compagnon de 20 ans qui raconte que sans cette grossesse il serait en prison parce qu’il faisait des conneries dans la rue. Des trucs de jeunes quoi ! Quand t’es jeune, en formation et un peu paumé, tu vends toujours de la drogue et tu tabasses des gens. C’est normal, c’est la France quoi !

Le comble de la ressemblance ira jusqu’à la coupure pub au moment de stress, juste avant la réanimation d’un nouveau-né un peu secoué. Réanimation faites par la sage-femme, certes (compétences pédiatriques, tout ça) mais tout de même exploitée jusqu’à la moelle par la mise en scène, la musique et la production.

 

Et le fond dans tout ça ?

Au final, je n’ai pas un souvenir désagréable de l’émission. Je pense même qu’on va le revoir ce soir avec trois ou quatre potes sages-femmes et qu’on va se marrer en buvant une bière. Pire qu’un match de foot pour nous.

Le principal regret que j’aurai concerne le manque flagrant de fond de réflexion sur les conditions d’exercice et de prise en charge des patientes, des conditions d’encadrement des étudiants sages-femmes. Des accouchements, des nouveau-nés, du tirage de larme. Après un quatre main (qui suffirait à « devenir sage-femme ») on a droit à une belle séquence de fin. Ah, le beau métier que voilà ! Que cette étudiante qui sort dans le froid, qui hésite à entrer dans l’office, qui taffe sur son dossier pendant que l’équipe balance des blagues, qui amène une patiente des urgences ; que cette étudiante ait fait un accouchement, et 5 minutes lui sont accordées pour dire à quel point elle est heureuse et comblée. Par contre savoir si elle arrive à vivre toute seule, à payer sa bouffe et si la maternité lui a prévu un plateau pour sa garde… c’est accessoire.

 

Le bien-être des professionnels attendra, « vous donnez la vie keuha ! C’est trop merveilleeeeeux ! *larmes larmes larmes* ». Celui des patientes… bah elles ont mal au début, elles ont une péridurale (en PCA je pense vu le cathéter). Elles ne changent pas de position, elles ne vivent pas, elles attendent, passives, sur le lit, qu’une sage-femme vienne leur tripoter le col pour voir comment ça avance. Dommage qu’on ne parle pas de la prise en charge que pourrait effectuer la sage-femme. Peut-être que celle-ci est débordée aux urgences et auprès d’autres patientes. On ne le saura jamais, vu que tout se passe toujours bien.

Espérons juste que les prochains épisodes montreront plus de réalité et moins d’arrangements scénaristiques.