Comme une veillée funèbre.

mardi 1 décembre 2009 § Poster un commentaire

Sakura-hime est malade.

Mon ordinateur a depuis dimanche un code-10 carte graphique. Ce n’est pas bon, ça m’empêche de jouer à Aion, de charger les jeux indie et d’utiliser Photoshop. Sakura-hime s’en va donc chez le réparateur demain matin (c’est jour de repos) et avec de la chance j’aborderai le sujet dans un nouveau billet demain soir.

Ça va quand même coûter entre 40 et 250€ … et il faut les sortir. Passons.

J’ai passé ma soirée sur la toile.

J’y ai fait ce qu’on interdit aux patientes avec le plus grand sérieux : j’ai regardé les blogs et les forums de femme enceinte. Oui c’est mauvais pour une femme enceinte, elle est déjà suffisamment angoissée comme ça. Faut dire qu’elles débarquent dans un milieu médical sans connaissances sur le sujet. Choc.

D’abord un focus sur le BoOb (Bêtisier Officiel de l’Obstétrique) que j’ai trouvé personnellement assez mauvais. Certes il est facile de converser sur ce que l’on ne maitrise pas et de relever le « La douleur de l’épisiotomie s’estompe en 3 à 4 jours », mais en déduire que c’est pareil pour une césarienne parce que l’on incise des muscles fibreux démontre une méconnaissance anatomique de base et d’anatomie obstétricale en particulier. Je vous épargne les détails théoriques (sauf si vous y tenez … mais non).

Ce blog incarne une noble ambition qui entend remettre en cause l’obstétrique à la française. J’ai lu quelques articles (plus ou moins bons). Oui, l’article sur la femme enceinte traumatisée par l’échographie parce que la méchante obstétricienne la considère peut-être comme inconsciente parce qu’elle souhaite accoucher à domicile m’a tiré une larme. Ce qui m’a fait rire par contre est contenu dans les commentaires, la conclusion de l’article …

Ensuite j’ai vu un blog de doula. C’est drôle.

Une doula, pour ce qui ne sont pas au fait, c’est une femme qui accompagne des grossesses. C’est un mouvement né à la base aux USA où il n’existe pas énormément  de sage-femmes et où un accouchement c’est un obstétricien et une infirmière … quand la patiente a les moyens. La joie.

En France la formation d’une doula dure entre 4 jours et 4 semaines, coûte cher et n’apporte que des connaissances vagues sur le sujet. Il y a de tout, j’ai travaillé avec une doula « dans les pattes » où pendant un stage elle a expliqué à sa cliente « Écoute, ça va bien cinq minutes tes caprices mais l’équipe médicale a raison, ton bébé va pas bien, faut que tu passes au bloc en Césarienne » et j’ai entendu, atterré, le récit fait des agissements d’une doula qui a pratiqué les accouchements à domicile et qui passe au tribunal pour exercice illégal de la profession de sage-femme.

En France il y a des professionnels qui accompagne la grossesse et la mère dans ses choix : c’est une sage-femme. Une des deux est de trop … Mais les doula sont à la mode.

Le paradoxe de l’obstétrique à la française …

Dernier truc vu, en dehors des éternels forum sur l’épisiotomie (ou la Césarienne) où s’expriment surtout les femmes qui ont eu des complications graves, un article « sérieux » ou présenté comme tel où quelq’un explique que les grossesses en France sont déclarées normales a posteriori alors qu’ailleurs elles le sont a priori.

Plusieurs choses à répondre.

Petit nain, c’est faux. Une grossesse en France est déclarée, sauf facteurs de risques, comme normale dès le début et est suivie par une sage-femme ou un médecins et tout va bien. Ce qui arrive dans 95% des cas.

Petit deux, le mode de recrutement des patientes n’est pas différent entre, mettons, la Hollande et la France. Une maternité de niveau 1 (bas risque de pathologie foeto-maternelle) recrute comme une sage-femme hollandaise : un diabète gestationnel ? Une pré-éclampsie ? « Madame, on va vous envoyer à nos collègue de *****, c’est un niveau 3, on vous prendra en charge sur le plan médical ». Ben une sage-femme hollandaise voit la même patiente en Hollande et lui explique « Je serai heureuse d’être là le jour J, mais on va faire ça à l’hôpital et pas à la maison parce que tu vas avoir besoin d’aide ».

Petit trois, cela est dû à une différence culturelle très profondément implantée chez nous. Comme l’explique Foucault avec ses concepts de biopolitique et de biopouvoir, il est beaucoup plus simple de contrôler une population grâce à des outils de santé publique. Le sujet devient sensible quand on touche à quelque chose comme la natalité. Pourquoi faire la grande majorité des accouchements à l’hôpital ? Parce que c’est plus simple de faire des études sur la périnatalité et d’aider la France à acquérir des hommes prêt à se battre. C’est plus le sujet ? Et alors ? Parce que les mentalités politiques ont vraiment changé ?

Petit quatre (et dernier), cela est dû à une question triviale : les sous. Une sage-femme libérale qui fait des accouchements à domicile ou sur plateau technique le fait le plus souvent sans assurance. L’assurance coûte très cher et nous n’avons clairement pas les moyens. En Hollande ou au Danemark, les sage-femmes possède l’infrastructure et les moyens pour cela. Si on commençait par remettre à plat la réalité des systèmes de santé choisis de chaque côté de la frontière avant de râler ?

Une des seules choses vraie que j’ai vu dans cet article est l’existence tangible de cette culture du risque zéro qui est si typiquement … occidental. Oui les Hollandaises aussi n’accouchent à la maison que si on a très peu de risque a priori. Oui il y a des procès aussi. En Afrique ou en Asie, des séquelles d’accouchement sur un nouveau-né, c’est « un risque à courir ». Je ne parlerai pas de la santé des patientes ni de l’état déplorable du système de santé des femmes dans ces pays, j’ai le temps d’y revenir plus tard.

Au final …

Ce qui me choque le plus reste le manichéisme de chaque camp. Les ultra-physiologistes qui défendent bec et ongle leur accouchement à domicile (même avec un utérus cicatriciel – aïe – et avec des jumeaux – re-aïe -) et condamnent les méchants médecins et professionnels de santé qui cherche à s’approprier leur grossesse. Les médicaux jusqu’au boutistes qui cherchent le risque zéro en appliquant à la lettre les protocoles sans forcément respecter la naissance, son côté intime, son caractère si spécial qui rend mes études si fabuleuses.

Ce que j’ai aimé aux Bluets c’est quand même que cette maternité réunit les deux aspects dans une approche qui respecte autant l’un des camps que l’autre. Personne n’a vraiment raison et personne n’a vraiment tort. Mais accoucher dans des conditions déshumanisée ou en faisant courir des risques à soi-même ou à son bébé pour l’un des camps, je trouve cela stupide.

Sur ce, j’ai un ordinateur à faire réparer et une quasi nuit blanche à rattraper alors je vais me pieuter.

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