Contre-courant.

samedi 23 janvier 2010 § Poster un commentaire

Disclaimer : ça faisait longtemps ; c’est juste pour dire que ce qui suit n’engage que moi mais s’appuie sur de la culture générale geek. Vous pouvez avoir des références différentes et donc ne pas comprendre ce que je raconte (et il faudra alors me croire presque sur parole ou rattraper une petites cinquantaine de bouquins triés sur le volet pour comprendre l’évolution de la littérature de l’imaginaire depuis les années cinquante ; quelques dizaines de milliers de page en gros) ou avoir les mêmes références que moi et ne pas partager mon avis. Je vais cependant faire l’effort de vous faire un article détaillé. J’en profite pour signaler qu’il y aura des spoilers importants : si vous n’avez vu le film et que vous comptez le voir un jour, revenez un autre jour.

Avatar

Le réalisateur : James Cameron, né en 1954 dans l’Ontario. Il commence par des études de physique et d’anglais. Passionné de cinéma depuis l’adolescence il se lance dans le monde du cinéma après avoir vu Star Wars. Il commence par travailler sur des plateaux comme chef artistique, responsable des effets spéciaux. Il réalise ensuite des films de référence comme Terminator, Aliens (oui, il y a un s, c’est le deuxième), The Abyss, Terminator 2 (où y a le robot qui peut se liquéfier pour passer au travers des barreaux) et le fameux Titanic que presque tout le monde a vu. Titanic n’est pas le sujet, si je me lance dessus je vais encore allonger l’article.

L’histoire : Jack Sully, un marine dont le frère jumeau scientifique est mort est recruté par … euh … The Compagny pour aller sur Pandora. Il semble qu’il soit la seule personne compatible avec un Avatar, hybride d’humain et d’indigène. En arrivant on le prévient : Pandora, c’est l’enfer. Après quelques pirouettes dans la jungle il se retrouve chez les indigènes, les fameux Na’vi qui lui réservent un accueille étrange : il a été choisis par l’arbre sacré. Il va alors apprendre à connaitre ce peuple et à vivre sur cette planète et comprendre que les terriens avides sont en train de faire de la merde. C’est là que les terriens détruise l’arbre sacré qui sert de village aux Na’vi à coup de gaz et de missiles pour commencer à récupérer le minerai qui se trouve en dessous. Les Na’vi se réfugie dans leur dernier sanctuaire, au cœur du vortex ; Jack Sully (qui est considéré comme un traitre parce qu’il a cassé une caméra et aussi parce qu’il a oublié de dire aux Na’vi que des gens allez venir détruire leur village) réussit à se faire la malle avec ses potes et à transporter le système qui leur permet de se transférer dans les Avatars. Il attrape une grosse bébête rouge et orange et fédère les Na’vi pour bouter les humains hors de Pandora. Les humains en voyant ça décide de détruire l’arbre des âmes (le dernier sanctuaire). S’en suit une bataille aérienne très visuelle, la nature viendra aider les Na’vi et l’attaque échouera. Le méchant absolu dans son mécha réussi à s’en tirer in extremis et le court combat qui s’en suivra verra sa défaite. Les humains sont invité à quitter Pandora, les Na’vi ont gagné, Jack Sully épouse la jolie fille et se transfert définitivement dans son Avatar. Happy End.

Pourquoi peut-on aimer ce film.

D’une façon objective, ce film est un bon spectacle. C’est beau, c’est visuel, c’est plein de créatures et de plantes fluo en image de synthèse qu’on ne verra jamais ailleurs. Ce que l’on ne peut pas retirer à Cameron, c’est l’art de raconter, c’est l’art de filmer. Les combats et les batailles m’ont fait hurler de rire, l’humour est là et est souvent gras et virile (c’est des marine, pas des tapettes). Cameron a sorti le budget pour les effets spéciaux, c’est déjà ça.

Les acteurs ont l’air d’y croire (c’est dur sur un perpétuel fond vert de motion capture) et se débrouillent pas trop mal.

La vision en 3D apporte quelques petits agréments : les éclats de bois qui volent hors de l’écran, détails, impressions de reliefs. Le port des lunettes est inconfortable et la séance est chère. 9€ au tarif étudiant pour la séance au lieu de 6€ (oui, à Paris, le cinéma est cher).

Au passage j’ai adoré les 4 premières minutes du film, première fois que je vois une scène en gravité zéro crédible dans un film avec des acteurs.

Avatar en beaucoup moins bien.

Je vais maintenant entrer dans la partie difficile. Il est encore temps pour vous d’arrêter de lire cet article si vous le souhaitez.

Avatar n’est pas un bon film. J’attends d’un film un scénario cohérent, enrichissant et un fond réel. J’attends d’un film qu’il fasse preuve d’originalité et qu’il me surprenne et qu’il me fasse rêver.

Pour le scénario cohérent on repassera. J’aurai pu écrire ce scénario pour un Brain Soda et à la fin de ma partie un ou deux joueurs m’auraient pris à parti avec un « Franchement, ton deus ex-machina là, c’était violent ». L’héroïne s’apprête à flécher notre héros à vu ? Ben non, il y a une graine de l’arbre sacrée. Le héros est attaché devant un grand feu à deux doigts de mourir ? Heureusement que quelqu’un viens le détacher in extremis. Le héros tue une bestiole et balance une phrase rituelle ? Il n’y croit même pas pourtant, mais ça n’est pas grave, il est prêt à être un adulte. Il faut qu’il arrive à la fin pour se rendre compte que ce qu’on lui explique depuis le début est réel et même là il se met à prier à genoux. Et malgré ça on lui fait confiance ? Et ben ! Bien sûr tout ça pour du minerai qui rapporte plein de sous au méchant capitaliste raciste (oui, une jolie caricature) et qui … flotte. On en entend parler du minerai une fois, il a un nom à coucher dehors qu’on oublie rapidement, et après il n’est plus vraiment question de ça, ça devient secondaire.

Pour le fond intéressant j’ai des doutes. Avoir un fond et une réflexion est possible dans un film à grand spectacle : par exemple District 9, Matrix ou même Terminator. C’est l’intérêt de la science fiction : il y a le plus souvent un message à délivrer ; et là, le message n’est pas ce qu’on appelle d’un intérêt flagrant. J’arrive à dégager deux ou trois axes : l’écologie, l’impérialisme américain, la connaissance de l’autre. L’écologie du film prône, à ce qu’il semble un abandon de la technologie pour un retour aux sources (le monde communie avec la nature, les terriens ont « tué leur mère »), l’impérialisme américain est stigmatisé (un méchant homme d’affaire, un colonel convaincu de sa supériorité). La guerre qui se prépare est présentée comme une guerre de colonisation : les terriens d’un côté qui considèrent les autochtones comme primitifs, les autochtones qui considère les terriens comme ignares et notre héros au milieu qui goûte à tout et qui arrive, dirai-je, presque à comprendre les gens d’en face.

Pour l’originalité on repassera. On a déjà lu ça. D’ailleurs …

Pourquoi Avatar n’est-il pas original au final.

Peut-être parce qu’on a l’impression d’avoir déjà lu cette histoire dans plusieurs livres. Certes il y a le talent du préparateur de cocktail mais bon. Il y a le héros qui est un terrien et qui débarque une nouvelle planète où se trouve une colonie (j’arrive à peine à compter le nombre de roman que j’ai lu qui commence comme ça … je ne parle même pas des nouvelles) puis il participe à un projet de recherche (là, j’avoue que c’est peut-être une des seules trouvailles du film). Il s’offre un beau séjour dans les bois sur une planète hostile (oui, je n’ai jamais lu ni vu ça) et il est secouru par une indigène (Vance n’a donc rien inventé !). Après quelques temps les méchants militaires essaye de … et ils perdent (ce qui arrive dans 50% des cas, de toute façon il faut voir quel est le point de vu du héros). Je ne parle même pas des principes comme le lien entre le Peuple ou chevaucher une créature mythique ni même le magnifique se comporter comme un paladin qui sont des clichés du genre.

A ce niveau là d’ailleurs, je pourrai entièrement modéliser Avatar avec les règles de Brain Soda alors que je serai incapable avec Alien ou Dune. Pourquoi ? Parce que ces films sont des œuvres abouties, originales pour leur époque et qui sont devenus des références de la culture de l’imaginaire. Avatar a marqué les esprits pour une vidéo graveleuse qui parle d’une histoire de cheveux.

Définitivement, Avatar ne joue pas dans la cours des grands.

Mais allez le voir et amusez vous, ça passe pas trop mal quand on le voit au seconde degré.

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