Interversion.

dimanche 7 mars 2010 § Poster un commentaire

Comment une pure journée de no-life …

Aujourd’hui je n’ai rien fait. Rien en dehors de chez moi. J’ai commencé à renoncer à une grande partie de ma vie sociale en récupérant l’intégrale de Bleach, j’apprécie le principe : pas besoin d’un neurone qui fonctionne, des gags qui tombent pour détendre et des combats funs avec des épées, des monstres et plus encore. Bon, de temps en temps, l’auteur essaye de donner du relief psychologique à ses personnages pour expliquer pourquoi le gars bizarre qui a une cape violette aime bien le mec qui a les cheveux tout blancs.

Je me suis donc adonné à mon vice caché : Aion. Pour éviter de perdre mon lectorat en chemin (si, je vous assure, ça va être presque constructif) voilà une bref description.

Aion c’est un MMORPG. Massively Multiplayer Online Role-Playing Game. Un jeu de rôle avec des personnages, des gens autours, des combats, … plein de choses. C’est dans cette atmosphère qu’arrive justement ce qu’on appelle le Role-play. En gros cela consiste à expliquer d’une façon cohérente la façon que l’on a de jouer son personnage et son comportement.

… Devient la source d’une réelle réflexion.

Ça vous en bouche un coin hein ?

Quelques réflexions me sont apparus comme opportunes. Juste là, comme ça, parce que j’ai assisté à des choses pas cool.

D’abord j’ai envie de m’étendre sur ce qu’est le Role-Play et ce que je ne supporte pas (et pourquoi je ne le supporte pas), et ensuite je vais m’amuser à débattre sur les handicapés. C’est vraiment lié, il n’y a pas de pièges, pas de bug, tout est sous contrôle.

Le Role-Play, c’est quoi cette bestiole.

La définition paresseuse du Role-Play (ou RP pour les intimes) consiste à dire que c’est ce que cela prétend être. Role-playing, jouer un rôle. Je trouve cela particulièrement inexact. Début de la réflexion et de l’agitation neuronale.

Le RP consiste à raconter une histoire (c’est la base de tout jeu de rôle) en incarnant un personnage définit par des caractéristiques visibles (notées sur un papier, dans une base de donnée) qui sont le plus souvent des caractéristiques physique ou psychique (force, intelligence, sagacité, charisme, agilité …), des dons (« Celui qui sait couper une pomme en deux avec un doigt dans le nez ») ou des compétences (il sait jongler, il sait taper, il sait faire des tournures de phrase, il sait utiliser un char soviétique …) et des caractéristiques masquées qui n’existent au départ que dans la tête du joueur : l’histoire du personnage, son enfance, ses hésitations, ses envies, ses dilemmes, ses traumatismes, … Un personnage vraiment bien créé peut tenir sur plusieurs dizaines de page.

Le principal problème de nombreux joueurs débutant c’est qu’ils s’arrêtent à cette étape. Car il s’agit ensuite de raconter une histoire. Pour cela il y a deux possibilités : le jeu consensuel et le jeu conflictuel. Schématiquement, pour prendre une partie de Crimes qui est un jeu qui se passe à Paris entre 1900 et 1914, un jeu consensuel consiste à être d’accord. Faire un groupe de joueurs composés uniquement de policiers ou de criminels qui ont tous plus ou moins le même but et qui ont les mêmes opinions. Cela donne des parties sans réelles interactions entre joueurs (enfin il y en a mais cela dépasse rarement le stade Les Sims qui dépasse de loin tout ce que l’on peut envisager de pire à ce niveau là). Dans le même jeu, si vous voulez un jeu conflictuel vous mettez dans la même équipe de flic un Dreyfusard et un anti-Dreyfusard et vous les placez sur l’enquête d’un prêteur sur gage juif. Là, tout de suite, c’est plus rock’n’roll non ?

Je pense que le principal défaut du RP chez beaucoup de joueur, c’est le manque d’écoute. Chose apprise en théâtre d’improvisation : la seule façon de créer quelque chose en jeu est d’écouter ce que les partenaires renvoient. Beaucoup se mettent des œillères en se disant que leur personnage est immuable, intouchable, inébranlable sauf quand ils auront décidés du contraire. Souvent ces mêmes joueurs sur-investissent leurs personnages en terme d’ego et mettent toute attaque portée au personnage sur le plan personnel. Nous allons y revenir.

Je pense que ce qui offre une réelle richesse à un jeu de rôle, quel qu’il soit, est le conflit.

Notre professeur de sociologie en PCEM1 définissait le conflit comme quelque chose qui met en scène deux camps ou plus qui s’opposent sur une situation de crise, entrainant une résolution de cette crise en faisant évoluer la situation initiale. Éviter le conflit, c’est éviter ces situation de crise et la possibilité de changer les choses : mouvement typiquement conservateur s’il en est. Le joueur qui joue donc un jeu consensuel mets son personnage dans une vitrine en refusant les modifications apportées par les autres.

Cela est devenu particulièrement frappant au niveau de ma guilde dans Aion au moment où le chef de guilde a décidé pour tout le monde pour faire évoluer son personnage en exposant à la fois la situation initiale, la résolution de la crise et la situation finale sans même qu’il y ait de possibilité d’influer dessus.

Ce type de situation dites de RP forcé (on force à jouer une scène en ignorant les paramètres extérieurs) est une mauvaise chose car elle entraine des conséquences qui plombent l’ambiance :

D’abord c’est le meilleur moyen de mettre en place la mauvaise foi. Vous vous souvenez ces jeux puérils ? « Et bien moi j’ai une épée et je te tue ! » « Ben non parce que moi j’ai un bouclier : je pare ton attaque et je te tire dessus ! » « Et ben non parce que … » Ce syndrome est connu sous le nom du Même pas mal, je suis en métal.

C’est également le meilleur moyen de se prendre un vent. « Ça fait deux semaines qu’on en parle ! » « Non ça fait deux semaines que TU en parle et c’est juste lourd quoi ». Ce syndrome est appelé la Sphère de Négation.

Si par aventure un joueur se retrouve à participer, il le fera de mauvaise grâce et cela donnera de la merde. On appel cela le syndrome du Poids Lourd en marche arrière.

Et dans tous les cas les joueurs impliqués malgré eux refuseront de faire parti de la suite de l’histoire. On ne prend les autres joueurs pour des poupées, que ça soit autour d’une table ou derrière des écrans d’ordinateur.

Ce qui me gêne en RP.

D’une façon général je ne suis gêné que par deux choses : les RP sentimentaux et les RP ultra-sérieux.

Le lecteur non habitué trouvera ça bizarre : les personnages de fiction tombent amoureux, font du sexe et même parfois des enfants. Une copine est venue me parler récemment parce que son personnage était enceinte et que, bien qu’ayant 24 ans, cela n’avait jamais été son cas. Elle se demandait, très sérieusement, quelle modification une grossesse pouvait amener chez son personnage. Oui, les étudiants sage-femme geek commentent les grossesses de chasseurs de sorcière dans La Légende des 5 Anneaux mise enceinte par un traitre pratiquant la magie noire qui a scellé le fœtus pour éviter l’avortement et qui a vendu l’âme de l’enfant à un démon.

A priori, et avec ma faible expérience de consultation de grossesse, c’est quand même une grossesse où la femme devrait voir un psychologue. Je dis ça …

Je n’aime pas les RP sentimentaux. En réalité les RP sentimentaux public. Des autres. Cela me fait le même effet que ces couples qui s’embrasse au milieu du chemin en faisant plein de bruits et de commentaire pour bien tout montrer aux autres. Je ne l’aime pas parce que je trouve que cela confine à l’exhibitionnisme et parce qu’il y a des moyens plus subtiles de faire passer ça. Se faire surprendre par exemple ? Sortir décoiffée d’une chambre 5 minutes après quelqu’un d’autre ? Cela a en plus le mérite de faire travailler l’imagination des pervers-putasseurs qui se feront une joie de passer des heures en commentaires.

Et je n’aime pas,  les RP sérieux. Les vrais, les lourds. « Tu comprends Elaimakje, je ne peux pas te pardonner car tu as tuer Milandrmeiak. Je l’aimais ! » La raison est valable hein. Ce n’est pas que ça n’est pas intéressant (bien au contraire, les tragédies sont une des formes d’expression dramatique les plus intéressante, mais ça n’est pas le sujet ici), c’est juste qu’avec ces gens là, dans 95% des cas, c’est mal fichu, non crédible et mal écrit (avec des fautes d’orthographe partout, des adverbes, des formes passives en pagaille et des fautes de syntaxe élémentaires) voir totalement illisible. Vous vous souvenez l’histoire des skyblogs fluos avec des gifs animés et des poèmes ? Et bien c’est exactement pareil : ça me pique les yeux.

Je ne peux rien reprocher à ceux là : n’est pas dramaturge ou auteur qui veut et les jeux en ligne n’aident pas à la mise en scène, même quand on a fait du théâtre. C’est même plutôt bon parce que cela veut dire qu’ils sont capables de se jeter dans une mêlée, de tenter de tuer des gens, … c’est même d’un grand intérêt car il s’agit de réelles crises.

Le seul problème c’est que … je rigole. C’est nerveux, je n’arrive pas à m’empêcher de rire quand une jeune fille me dit « Je t’aime, même si tu as tué mon frère. » dans un jeu juste parce qu’elle va en faire des tonnes dans le genre « Mon amour pour toi et possiblement dur à exprimer car mon frère a été tué par un homme que tu avais visiblement engagé dans ce but. » Ajoutez-y les fautes de syntaxe et d’orthographe, j’ai déjà du mal à faire pire. Mais, juste, comment est-ce que vous pouvez ne pas rire devant un truc pareil ?

Revenons au sur-investissement.

Situation vécue aujourd’hui.

Sur un RP forcé j’ai eu droit à une scène de larme pendant 35 minutes. On m’a invité à partir parce que je refusais ce qu’on m’imposait de force, ensuite on a hurlé au scandale quand j’ai essayé d’expliquer que si ça leur faisait mal que je refuse de participer à leur création ça n’était qu’une histoire d’ego. Quand je leur ai demandé ce qu’elles faisaient comme boulot pour avoir tant de temps à passer sur un MMORPG (alors que j’arrive tant bien que mal à passer 4 ou 5h par semaines dessus en ce moment) elles ont refusé de répondre puis on laché, un peu amer, qu’elles étaient handicapés et n’avaient pas d’emploi.

La réflexion est ouverte pour tout le monde ! On touche presque la science fiction, mais il semble que des handicapés moteurs vivent par procuration par le biais de Jeux de Rôle en ligne. Je créé mon corps, je créé mon moi, je m’y projette entièrement.

Qu’en pensez-vous, vous ?

Moi personnellement je trouve ça plutôt malsain. Je ne vais pas rire des handicapés (parce que nous sommes dans une société qui protège les handicapés et parce que tout le monde est gentil et bien pensant, n’est-ce pas ?) même si ce genre de situation me donne envie de rire.

D’une part cela garantie automatiquement qu’une attaque sur le personnage ou un projet de jeu soit prise sur le plan personnel parce que justement, le personnage c’est eux. Ils ont choisis de s’investir dans un univers virtuels, ils se plaignent parce que personne ne vient parler au bar le soir après la journée (moi j’ai une nette préférence pour aller au bar avec mes potes dans la réalité en fait, boire du vrai alcool).

Note : Ceci s’adresse à Exirel. Pour notre projet, réfléchis à un moyen de mettre en forme automatiquement les trucs sérieux pour que je ne sois pas mort de rire et/ou atterré en modérant les échanges plz. K. Thx.

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