La machine à claques. Petits d’œufs.

lundi 10 mai 2010 § 2 Commentaires

Depuis lundi je suis en PMI.

J’ai entendu à peu près tout sur la PMI et sur les stages qu’on fait là bas. Vraiment tout. De l’ambiance posée en permanence avec une sage-femme cool qui conduit une voiture qui tombe en ruine en enchainant les clopes jusqu’au stage ennuyeux au possible passé en visites de courtoisies à domicile.

Même Ambre m’a laissé un petit commentaire la dernière fois pour me dire à quel point son stage à elle ne l’avait pas emballé.

Je vais donc parler de ma première semaine en PMI, sachant que la deuxième commence demain.

Suivez le sac bleu.

La sage-femme avec qui je fais mon stage m’avait donc donné rendez-vous à la station Quai de la Rapée pour nous rendre ensemble au département de la ville de Paris. Sac bleu, retard de dix minutes, cheveux roux et cet air énergique que je vois chez les sage-femmes qui ont toujours pensé que leur métier méritait une meilleur reconnaissance. Voilà donc Catherine.

Nous avons fait un premier tour des bureaux (les locaux administratifs de la PMI proprement dites en fait, là où une bonne dizaine de personne bosse là où une sage-femme se trouve sur le terrain). Être en stage en civil dans un bureau, moi ça me met un coup. Je n’ai pas fait de travail de bureau depuis longtemps (pas depuis mon stage d’été à la Banque de France).

Évidement notre présence avait un but précis : un groupe de travail sur le service social et la coordination entre la ville et le département (qui sont tous les deux dirigés par les mêmes personnes ; soit le Conseil de Paris). Du monde autour de la table et au bout d’une dizaine de minute cela parlais un mélange de chinois et de coréen avec des mots français. J’essayais de suivre, je me penchais de temps en temps vers Catherine pour lui demander des trucs et parfois elle haussait les épaules et demandait à sa voisine.

J’ai essayé de comprendre … en gros il y a des problèmes de dialogue entre agent territoriaux et agents d’accueil, des problèmes de dialogue entre le département et la ville … et surtout cet manie de parler par acronyme. Pire qu’une conversation de geek quoi.

« Le problème c’est que la DASES et la CASSF n’envoie pas leurs usagers chez la DASP ! Vous comprenez le bordel quand on veut inscrire un 115 au RSA ! Personne nous a dit qu’on devait l’envoyer à la CNAF. »

Ouais, bon, c’est moins pire dit comme ça, mais même entre eux parfois ils sont obligés de développer les acronymes parce qu’ils se comprennent pas.

Cocktail Molotov.

« Alors c’est comment l’école maintenant ? J’y étais entre 1977 et 1980 »

Catherine aussi était à Beaudelocque et il semble que le passage de sa promo a également apporté moult modifications à l’organisation. Elle aussi qualifie le système de féodal mais à son époque c’était voile obligatoire en stage, présence à 8h pétante avec carte perforée avant 7h50 et appel à 8h10. C’était les temps terrible.

On a parlé études, on a parlé école et chef de clinique et professeur. On a parlé de St Vincent de Paul et de Port Royal.

Parce que celles qui nous ont précédé on remis en question l’ordre établit et le bien fondé des choses. Et grâce à cela nos études se déroulent plutôt bien.

Il s’agit de Mme Z.

L’après-midi, après un repas assez copieux à la cantine du département, nous avons retrouvé Lariboisière. J’aime bien cette maternité, elle dégage un sentiment de tranquillité. Erf non, pardon, je confonds. J’aime bien Larib parce qu’on a une impression de bouillon de culture prêt à exploser.

Cette après-midi là était consacrée à ce qu’on appel le staff périnatalité. C’est du lourd. En gros on staff les dossiers les plus chauds du moment en équipe multidisciplinaire.

Un dossier chaud, c’est un truc qui inclue souvent des situations d’extrême précarité, de pathologie mentale, de drogue, de viol, de prostitution, de violence … et parfois un savant mélange de tout ça. Tout d’un coup mes rares problèmes personnels me semble loin derrière tout ça.

J’ai au passage rencontré Lucile, une étudiante en dernière année à Angers. J’aurais l’occasion d’en reparler plus tard.

La voie de la sage-femme de PMI … parisienne.

Le mardi et le jeudi se sont écoulés sans trop de problèmes. Je reviendrais sur le Mercredi dans un autre article. Ah, mais c’est vraiment horrible ces articles en kit. Pire que chez Ikéa : ya pas de pièce qui reste à la fin et ya pas de plan de montage. J’espère que vous vous en sortirez quand même (sans insulter votre intelligence … vu que vous lisez de la qualité).

*Gromitflash perce ses chevilles*

Le Mardi les sage-femmes de PMI ont une consultation pour les patientes de la PMI, histoire de pouvoir faire connaissance avec elles. On y a vu de tout.

Pratiques diverses oblige, et à mon corps défendant, certaines patientes on commencé à dire qu’elles étaient un peu gênées qu’un homme les examine. Catherine leur a expliqué ce que représentait le fait d’être à l’hôpital public en terme d’obligation de formation. Participation d’étudiants et de praticiens hommes.

Moi ça me gêne parfois pour elles, je comprends qu’une femme puisse être mal à l’aise.

Et cela malgré mon professionnalisme.

Le reste du temps a été passé en visites à domicile. C’est comme un examen clinique normal … enfin ça dépends, parfois il s’agit de prendre le thé en discutant avec une jeune maman qui est sortie d’affaire. La grande différence réside en la visite du lieu de vie de quelqu’un d’autre.

Intéressant. Hélas le secret médical m’empêche de développer plus en détails les visites (disons simplement que c’était dans le 10e). Et la flemme aussi.

Et puis le Jeudi après midi j’ai été pris en charge par Aude, une PH de Lariboisière pour ma première vacation d’échographie. J’ai appris des tonnes de choses, j’ai reconnu des tas de choses, j’ai raisonné avec elle.

Il a juste fallut lui montrer avant tout que que j’étais pas un ignare et que les étudiants sage-femme connaissent l’anatomie et l’embryologie. Et puis il a fallut résoudre les quelques problèmes de machines (un échographe en panne en fait).

La permanence du Vendredi.

Le Vendredi j’étais à la permanence de la PMI rue de l’Aqueduc.

En gros une permanence de sage-femme à la PMI, c’est surtout recevoir les gens qui viennent, comme ça, et de répondre à leurs attentes. On voit défiler à peu près tout. Des femmes qui viennent pour leur contraception. Des femmes qui viennent parce qu’elles ont des crevasses. Ou un problème d’allaitement. Ou un peu tout. Ou qui ne sont inscrites dans aucune maternité …

L’après-midi, Catherine a voulu m’éviter une réunion syndicale, alors elle m’a envoyé chez sa collègue Marianne qui elle aussi … est sortie de Beaudelocque. Elle glissait des blagues sur le sujet à Kim, une étudiante sage-femme de Bordeaux. Contact un peu difficile au début mais ça s’est amélioré par la suite.

Demain je ne sais pas encore ce qui m’attends … mais ce qui me fait peur c’est l’inconnue que je verrai Mardi.

Et restez en stand by pour la troisième et dernière partie qui arrivera bientôt.

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§ 2 réponses à La machine à claques. Petits d’œufs.

  • ambre dit :

    ah oui, c’est déjà plus intéressant que moi… ma sf de pmi bossait à mi-temps, les visites on ne les faisait qu’à domicile, et ça consistait surtout en prendre le thé (et éviter de me faire mordre par des chiens – et des iguanes), le reste du temps je l’ai passé avec les puers et les assistantes sociales, pas inintéressant mais 3 semaines à faire des visites pour des futures assistantes maternelles, voilà quoi…

    • gromitflash dit :

      Je suis content parce que mon stage est très varié … et la population aussi. Pas vraiment le temps de s’ennuyer (et surtout pas de chiens, pas d’iguane). Par contre je passerai ma dernière semaine dans une permanence et ça s’annonce assez mal :s.

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