Une longue garde de … 72h.

mardi 6 juillet 2010 § Poster un commentaire

Histoire non linéaire d’un congrès de l’ANESF.

Au début j’ai eu l’ambition d’écrire ce récit dans son ordre chronologique. Une fois achevé je me suis rendu compte que l’exercice s’était révélé fastidieux, que le résultat était stylistiquement nul et que je n’avais pris aucun plaisir à l’écrire.

J’imagine déjà que si je n’ai pas éprouvé de plaisir à l’écrire, il sera pénible pour vous de le lire, et comme je tiens à être lu un minimum, tant qu’à faire un billet fleuve, autant le faire bien. Il est 23h25, je me met de la musique péchue, je prends une bonne bouteille de coca et je m’y remet, dans l’espoir d’avoir cette fois quelque chose de plus satisfaisant.

Branchez vos cerveaux, on lance une méthode d’Inis.

De la sueur.

Chaud.

En haut de l’amphithéâtre de la faculté de Pharmacie de Paris Descartes, dans la galerie, en plein soleil, dans la boite, il faisait chaud. Même devant mon écran avant de partir, affalé dans le fauteuil du salon (et celui du hall de l’Etap Hotel de la Porte d’Orléans) j’ouvrais la bouche en espérant inhaler un inexistant air frais.

La sueur a trempé mes vêtements. Je crois que nos congressistes n’ont pas aimé les voyages en transport en commun. Le RER B, rempli de fan-girl revenant d’une Japan Expo ratée en agitant des éventails dans leur cosplay ratés de Naruto ou de Bleach ; le tram 3 en tenu de gala, le bus 38 le dimanche matin. Tous ces réceptacles comme des étuves. Les visages, les t-shirt qui se mouillent, les perlent qui coulent jusque dans le bas du dos.

Danser encore et toujours. La sueur qui perle. Je bois mais je reste sobre. Parce que c’est l’orga, parce qu’il faut pouvoir assurer. Je ne suis pas dans ceux qui se déchirent mais dans ceux qui doivent servir et qui doivent relever ceux qui se déchirent. Pas le droit à la faute, à aucun moment.

Dans l’amphi, l’AG s’éternise. Des remerciements de l’ancien bureau qui durent, encore et toujours. L’élection du nouveau bureau aussi. Les cartouches s’échangent, mais jamais comme à l’AG de mi-mandat. Avec Marine on se regarde dans le blanc des yeux et on s’évente l’un l’autre avec un carton de vote.

Du sang.

Je porte ce que je peux, quand je peux, tant que je le peux. Je me blesse avec un couteaux et je suce mon doigt. Le sang est salé, a un goût de fer.

Je sens le sang qui me monte au visage quand je m’énerve parce qu’on me répète la même chose quinze fois. Le coup de sang quand on ne me fait pas confiance quant à mes responsabilités et le sang qui gonfle mes jambes à force d’être debout. Mes jambes ne me portent même plus mais je continue à avancer.

Du rire.

Parce que nerveusement, quand on me dit « super orga » je ne peux m’empêcher de penser qu’on est en train de courir derrière un camion rempli de vaisselle et mal fermé et qu’on essaye de rattraper la marchandise qui tombe un peu aléatoirement.

Du rire aussi sur la liste concurrente avec son seconde degré gigantesque. Mention spéciale aux postes de Présidente-mère-supérieure, VP Boulangerie Érotique et VP Orgie Romaines.

Mine de rien il y a matière à rire. Beaucoup de gens, beaucoup de choses pendant ces 72h. Beaucoup de sourires et de rires plus francs et plus massifs. J’ai envie de remercier tous ceux qui m’ont donné le sourire pendant ce week-end, surtout aux moments où je n’en pouvais plus. C’est ce qui m’a permis de rester jusqu’au bout.

Et le rire qui coule tout seul à 5h du matin, un dimanche, devant la boite. Parce qu’Agnès a bu pour une fois (et pour la première fois devant moi) et que pour la première fois elle parle vraiment. Soulagement je crois. Je continuerai à boire avec elle tant que je pourrai, juste pour l’écouter parler ensuite. Ce type d’instant est précieux.

Des larmes.

Des larmes de frustration parce qu’au bout des premières vingt-quatre heures on se dit que ça ne finira jamais. Et des larmes de bonheur parce qu’à la fin des soixante douze heures on a enfin fini. Au moment où l’on a installé beaucoup de chose, il en reste encore ; l’impression d’être Sisyphe et de rouler mon rocher pour l’éternité.

Un carton trop lourd ? « Tu peux le faire s’il te plait, nous on est des femmes, on est trop faible pour cela/c’est trop lourd pour nous ». Parce que les mecs qui ne servent à rien servent au moins à ça et parce que les plus sexistes sont …

Et puis quand on se dit qu’on pourra peut-être profiter de la soirée de gala après avoir passé une bonne quinzaine d’heure à courir sans avoir eu le temps de s’asseoir, on apprend qu’en plus il faudra tout desservir parce que les serveurs que l’on paye ne peuvent pas le faire.

Et ayant fini de servir et ayant débarrassé, après avoir dansé un peu, on veut nous apprendre à tenir un bar après une bonne année (et plus) d’associatif et surtout à reconnaître quelqu’un d’ivre et à le gérer.

Les larmes de rage ne seront pas abordées dans ce billet, mais elles ont existé.

Et puis les larmes de tristesse. Quand tout s’achève, que l’ont souhaite une bonne route à tous ces amis connus pendant toutes ces années et que tout d’un coup on réalise qu’ils sont diplômés et qu’on ne les reverra sans doute plus avant un long moment.

Bilan.

Je me suis réveillé ce matin, Lundi cinq juillet deux mille dix avec la pire sensation du monde. Quinze heures de sommeil n’ont pas suffit : j’avais la tête en morceau, les intestins en compote et l’impression d’avoir été piétiné pendant des heures par un troupeau d’éléphant.

J’ai été pisser pour la première fois en quarante-huit heures et l’aspect vraiment concentré ne m’a pas plut.

Une douche brûlante après, j’étais nouveau capable de marcher droit mais cela n’était pas le plus important. Je n’avais pas faim, pas soif. J’avais juste l’impression que j’avais fait quelque chose d’exceptionnel et que nous sommes une poignée ce matin à nous être réveillé en pensant cela.

Et ça, malgré le sang, les larmes et la sueur, ça n’a vraiment pas de prix.

Maintenant s’ouvre une année chargée, j’ai un logiciel de traitement d’image et de mise en page qui m’attend.


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