Le pouvoir de l’uniforme.

mardi 3 août 2010 § Poster un commentaire

Retour de vacances.

Après un congrès hauts en couleurs et en émotions, je me suis accordé des vacances. Moi qui « [suis] resté jusqu’à la fin » j’ai passé une semaine post-congrès à l’état larvaire. Cet état se comprend par l’utilisation intensive de l’oreiller, par l’inaction et la sortie-cuite. Programme fort intéressant s’il en est.

Aussi me suis-je résolu à ne pas vous infliger ces récits. Surtout qu’ils tiennent en quatre lignes type : « Aujourd’hui je me suis levé, j’ai mangé un morceau, je me suis douché, j’ai squatté le fauteuil devant la télé avec l’ordi sur les genoux, la bouche ouverte vers le ciel dans l’espoir d’évacuer la chaleur. Puis j’ai dîné, je suis sorti voir des potes, j’ai encore trop dépensé d’argent et je me suis rentré sous ma couette ».

Je suis conscient qu’avec une histoire de cette ordre je décroche le Pullitzer. Ah, non, on me souffle dans l’oreillette qu’il faut que je raconte ça en anglais pour que ça marche. Et j’ai la flemme.

Et puis en rentrant de vacance j’ai été assez occupé par mes « rattrapages ». Ces « rattrapages » m’ont

Men in Black.

C’est donc après une semaine de repos-larve que j’ai rejoint le centre de l’UCPA à Hyères. Comme l’année dernière c’était pour un beau séjour de plongée. Hyères, la presqu’île de Giens, Porqueroles … beaucoup de choses à voir sur assez peu de temps.

Une semaine à l’UCPA ça passe toujours très vite. Surtout quand on est seul. Livré à moi même j’ai dû me mêler aux autres – sans sous-entendus, soyons clairs – afin de ne pas déjeuner seul. J’ai ainsi rencontré des gens intéressants ! Hum, cela me fait penser qu’il faut que je m’occupe de la fin des photos. Il faut dire que depuis que je suis rentré je n’ai pas vraiment eu le loisir d’y penser.

Ce qui est bizarre en plongée, c’est le pouvoir de l’uniforme. Nous sommes tous habillés d’une façon similaire : une belle combinaison intégrale très moulante avec capuche intégrée, des palmes, une stab, un masque, une bouteille sur le dos. Sous l’eau ce qui ressemble le plus à un plongeur est bien souvent un autre plongeur.

J’ai fait ma première épave, ma première grotte sous-marine. J’ai eu une première vraie frayeur en vomissant à dix-huit mètres de profondeur. Oui, il faut savoir qu’il y a une inspiration réflexe, sinon on se fait avoir.

Au niveau diversité j’ai été plutôt servi, surtout sur les deux dernières plongées où nous avons vu des bancs de barracudas, des congres, une vieille (c’est le nom du poisson hein), des daurades, des mérous (tout sympa), des poulpes plus ou moins craintifs dont un très amical qui a joué avec nous pendant cinq-dix minutes et qui faisait une taille assez impressionnante (le genre 1m50 de diamètres).

J’aime bien la plongée pour l’ambiance qu’elle créé. Descendre à 4 et mettre sa vie entre les mains de quelqu’un, sachant que c’est réciproque. La solidarité prend le dessus sur le reste et les sujets de conversation ne manquent pas.

Pour le reste de l’ambiance … ben c’est l’UCPA. Un peu beauf, un peu trentenaire. Les hommes viennent trouver un plan cul. Les femmes sont parfois à la recherche d’un père de rechange ou d’un homme pour fonder une famille. Tout cela se résume dans cette phrase absolument fabuleuse (et de bon goût) : « Tu t’en balances des affinités, du moment que tu tires ton coup ! »

Classe, délicat. Tout va bien.

Mention spéciale aux animations. Musique des années quatre-vingt (et malaise palpable quand en arrivant sur la piste de danse on fait « J’étais pas né moi en 1985 ! » et on qu’on entend un « Ah, ça c’est l’année de ma quatrième ! ») et humour très … spécial (à peine raciste, à peine misogyne, à peine homophobe …).

Blouse Blanche.

Retour au monde réel. Je suis rentré il y a une semaine et demi et je n’ai pas vu le temps passé. Du travail associatif pour l’essentiel et des sorties. Je suis rentré à chaque fois à une heure impossible avec du travail à finir et j’ai très peu dormi.

J’ai donc commencé mon stage d’exploration fonctionnel à Port-Royal et j’ai fait de l’échographie avec des noms qui font pâlir beaucoup de monde. J’ai appris beaucoup de choses en peu de temps. Enfin, surtout en échographie. Il s’agit surtout de se remettre dans le bain pour éviter de se prendre les baffes que je me prendrai en salle de naissance. C’est l’école qui veut ça.

Les sage-femmes avec qui je travaille sont sympa et formatrices. Peut-être parfois trop … médicales. J’ai pris conscience de certaines différences entre médecins et sage-femme en travaillant avec des médecins. Il existe des médecins compréhensifs, qui ne posent des questions que sur indication là où les sage-femmes me tapent sur les doigts si je ne déballe pas le catalogue complet. En même temps chercher les signes d’aggravation d’hypertension artérielle chez une femme qui n’a jamais fait de tension de sa grossesse …

Je suis donc dans une position de blouse blanche.

J’ai eu un débat avec des filles de ma classe il y a deux ou trois mois. Le débat portait simplement sur le pouvoir des blouses blanches. Parce que mine de rien le fait d’être une blouse blanche avec stylo, ordonnancier bonus/malus air sévère donne la possibilité d’échanger des informations et des soins contre des comportements. Pouvoir immobiliser quelqu’un dans un lit pendant des jours, pouvoir lui ouvrir le ventre …

En fait, je me rends compte que je suis dans l’incapacité de finir ce paragraphe. Parce que qu’un certain philosophe (Michel Foucault pour ceux qui ne le connaitrait pas) a déjà dis la plupart des choses à ce sujet ..

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