Etudiant sage-femme

vendredi 13 août 2010 § 6 Commentaires

Sourire en coin.

Le premier paragraphe est dédié à une lectrice, une sage-femme qui commente souvent, qui écrit des trucs cools et qui aime son métier (et le montre). Je laisse à ceux qui comprendront les références cet article et pour les autres et bien … réfléchissez.

Félicitation Ambre !

Je repasserai sur le voyage en Belgique. Et encore, il n’y a pas grand chose à en dire. J’ai revu beaucoup de monde d’un seul coup, que je n’avais pas vu depuis très longtemps. Le road-trip s’est transformé en voyage de courtoisie. Bruxelles, Lièges et Mons pour finir. Une vraie pause de quatre jours avant de reprendre les gardes.

Ceci est l’école, ceci est la salle, ceci est le lieu où tout commence. Ceci est un doux enfer.

Je suis revenu sur mon premier lieu de stage de l’autre côté. Je ne sers plus, je ne fais plus les soins infirmiers. C’est fini. Je suis dans le rôle de sage-femme. On me met dans un box d’urgence seul et j’appelle si j’ai besoin d’aide.

Je dois avouer que se retrouver seul face à une patiente fais une drôle de sensation, et encore plus de dire « Bonjour madame, je suis l’étudiant sage-femme de garde » ; et de faire mon examen, mon dossier, mes prescriptions pour finalement aller présenter le dossier, exposer mes actes et recevoir l’approbation, les conseils et les compléments dont j’ai besoin. Je me sens de plus en plus actif dans mon approche. Les lents et difficiles débuts de l’autonomie professionnelle.

J’avoue donc que ma première garde (mercredi) m’a juste retourné la tête. Tout d’un coup les commentaires ne portent plus réellement sur la technique, sur le comportement avec les patientes ou le sens clinique mais sur le professionnalisme, l’organisation et le travail d’équipe. Membre d’une équipe sans réellement en être car non admis dans le saint des saints, la chambre des sage-femmes.

J’ai suivi deux patientes, fais un accouchement un peu sportif et vu beaucoup d’urgence. « Doit encore prendre ses marques »

Garde de nuit, visions et autres expériences.

12 Août 17h47 Gromitflash : « Je veux pas y aller ! Elles vont me dévorer, c’est l’école, c’est la nuit … Je suis sûr que les fœtus mort se baladent dans les couloirs. »

J’avais tort. Cela arrive, je l’avoue (attention, ce type de phrase est rare, ne vous habituez pas trop).

J’ai du mal à le dire mais je suis plutôt content de la nuit que j’ai passé à Port Royal. J’ai en fait posté régulièrement ce qui m’arrivais en garde sur Twitter pendant l’avancement de la nuit. Ça aide à tenir et comme ça mes followers insomniaques ont quelque chose à lire. D’ailleurs je suis chagriné de ne pas avoir trouvé plus de sage-femmes sur Twitter … mais c’est un autre débat. J’avais donc promis un récit complet de ma garde. Le voici.

Je suis donc arrivé à l’heure (ce qui signifie à Port-Royal « avec 20 minutes d’avances ») mais je n’ai pas vraiment eu le temps d’assister aux transmissions de la salle de naissance. La première chose que j’ai entendu est « T’es l’étudiant de garde ? Ya une deuxième pare qui contracte aux urgences, vas-y ! » C’est donc avec un petit sourire aux lèvres que je me suis lancé.

« Bonjour madame, je suis l’étudiant sage-femme de garde ! Je viens vous voir et on reviendra avec la sage-femme après pour faire le point ». La patiente est assez sympathique, un peu angoissée (elle a eu un déclenchement la première fois, elle n’a jamais vraiment senti ce que sont des contractions). Elle me regarde avec un sourire amusé (moi je tremble un peu, je n’ai pas l’habitude encore des urgence seul) et se montre coopérative.

Je recommence le récit que vous n’avez pas lu. Parce qu’il était trop impersonnel pour être bon.

J’ai donc suivi ma Zoé n°1 jusqu’à son accouchement avec chaque heure et son examen, son ph au scalp et l’interne qui nous disait qu’on pouvait continuer. C’est une patiente que je connaissais de mon stage au centre d’exploration fonctionnel. Une patiente sympathique d’ailleurs et son compagnon un peu timide. Son bébé est né vers minuit, sous les encouragements de la chef qui avait suivi les décélérations et les ph au scalp avec attention.

Une petite fille qui va bien, une maman ravie.

En transversale et après j’ai vu des urgences, beaucoup d’urgences. Beaucoup de femme qui viennent consulter parce qu’elles croient avoir perdu du liquide, parce qu’elles pensent qu’elles sont en travail, parce qu’on leur a dit que. Beaucoup qui viennent chercher l’expérience, se faire rassurer d’une angoisse au milieu de la nuit.

Ma première urgence est ainsi revenue vers onze heure du soir, moins souriante, plus algique. Avec douceur on l’a amené vers la salle d’accouchement pour qu’elle puisse avoir sa péridurale et se reposer un peu, elle qui avait été empêchée de dormir par une prétravail difficile les cinq dernières nuits.

L’ambiance était différente de la veille. Peut-être plus détendue. L’équipe m’a offert à dîner et au milieu de la nuit, pendant un creux, j’ai pu me poser dans la chambre des sage-femmes pour manger mon plat indien. J’en suis ressorti en sentant la cardamone et les épices.

J’ai admis deux autres patientes en salle de naissance mais je n’ai pu en suivre qu’une que je n’ai pas accouché au final.

Et sur le coup de trois heures du matin appelle une patiente qui est programmée en césarienne pour le lendemain. Ce que je peux dire c’est qu’il y a un endroit que je n’aime pas en général dans les maternités la nuit, et encore moins à Port-Royal. Les suites de couche. Parce que là, pour le coup, cela me fait dresser les cheveux sur la tête. Il fait sombre, il n’y a pas d’activité et des dizaines de cris de nourrissons résonnent de toutes parts comme autant de fantômes à la faim insatiable.

Je suis monté voir cette patiente. Parce qu’elle avait des contractions, paraît-il. Elle était dans son lit, énorme, pleine d’œdèmes, presque incapable de bouger. Les contractions ne modifiait pas le col mais elle avait besoin de parler. Alors je me suis assis à côté d’elle et je l’ai écouté me raconter la fin de sa grossesse, ses angoisses, ses appréhensions. Je me demande comment on se sent avant une césarienne.

Je suis redescendu après avoir fait les transmissions orales à la sage-femme qui m’avait envoyé en haut et je suis redescendu. J’ai conclu ma garde par un bel accouchement, juste avant le staff.

Une bonne garde, un peu chargée. Je commence à m’habituer à cette salle de naissance, à ses protocoles et à sa façon de travailler. Je ne pensais pas pouvoir aimer cet endroit que je déteste. Drôle de sentiment.

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§ 6 réponses à Etudiant sage-femme

  • ambre dit :

    comme quoi des fois, on est surpris…
    merci pour le petit paragraphe, ça m’a touchée… je t’avoue que ça fait un peu bizarre d’être de l’autre coté… mes collègues le savent mais pas les patientes, quand je vois des femmes au premier trimestre qui me parlent de leur fatigue j’ai envie de leur dire « je comprend »… pas encore, c’est trop tôt. ça viendra.
    les stages d’été, j’ai toujours aimé. pas de partiels à réviser, une ambiance un peu plus cool… profites! et pour le coup de « je suis l’ESF de garde », viendra le jour où tu auras ton diplôme, et où, pour ta première patiente, tu sortiras « bonjour, je suis l’étudiant… euh pardon la sage-femme de garde! » et ce jour-là, ton coeur va battre à cent à l’heure…

  • sabrina dit :

    Dommage qu’on ne puisse pas lire les articles avec mots de passe :(

  • 10lunes dit :

    Bon ben on fait comment pour lire le mail suivant en accès restreint ?
    Y a t-il moyen de se faufiler ?Je veux bien montrer patte blanche mais je sais ni où ni à qui !

  • 10lunes dit :

    Oups, j’avais pas vu que j’étais sur le post évoquant Ambre.
    Pardon pour le parasitage et tous mes vœux de bonheur !

  • sabrina dit :

    Je suis etudiante etrangere je ne sais pas trop comment on peux me joindre

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