Elitwiste again à Moscou.

samedi 18 septembre 2010 § 1 commentaire

Disclaimer, again.

Je suis navré de vous imposer un titre pareil, je suis même pas sûr que vous pourrez tous comprendre le jeu de mot pourri qui l’a inspiré. Vous pouvez d’ailleurs utiliser google qui, j’en suis sûr, vous donnera la réponse (ou alors vous pointera vers un autre article avec ce nom pourri que j’ai pourtant trouvé tout seul).

Aujourd’hui donc, au programme, vous aurez un beau passage sur  le bloc, pourquoi c’était finalement même pas si chiant que ça et pourquoi j’aime pas les faisant fonction de qui sont d’authentiques infirmières bossant comme infirmière de bloc. On y reviendra.

Et puis hier soir j’ai été à l’opéra (comme pour chaque article élitiste) et nous allons en parler, étaler de la culture un peu partout, oh, oui, j’ai hâte ! Commençon !

Le bloc, un point de vu.

Mon stage au bloc opératoire est fini. Fini donc l’humour raffiné des chirurgiens sur les vagins des patientes, sur leurs kilos en trop et sur leur naïveté.

Et elle a quoi cette patiente ? demande l’IADE.

Oh, un morceau du filet qui tient son prolapsus dépasse. Tu comprends, ça gratte la bite ! répond le chirurgien.

Bah, il a qu’à passer par derrière, ça fait pas de mal ! intervient l’anesthésiste.

J’avoue que j’ai ri, moi aussi. Mais ça reste moche.

J’ai donc servi d’aide opératoire (sous l’insistance d’un ou deux chirurgiens) et j’ai appris par là même que certaines sage-femme de cliniques privées servaient parfois d’aide opératoire pour les césariennes, avec listes d’astreinte et paiement à l’acte relativement intéressant. Ah, l’appel de l’argent.

Et donc arriva hier mon dernier jour avec l’éternelle validation de stage pré-remplie par les IBODE. Commentaires dithyrambiques, sur le relationnel, la technique … je vous passerai les détails hein. Sauf que ce commentaire rempli par cinq de leurs collègues avec qui j’ai beaucoup plus travaillé n’a pas vraiment plût aux infirmière faisant fonction d’IBODE.

Je n’ai pas envie de me lancer dans un débat stérile sur les IDE, leur esprits que je n’aime pas (ça tombe bien, je ne fais pas des études pour ça mais pour être sage-femme) et surtout l’air qu’elles ont quand elles font fonction de quelque chose. Parce que leur formation sur le terrain de 4 mois n’a rien à voir avec les 2 ans d’études des IBODE. J’ai pu voir le jeu de pouvoir entre les IBODE et les chirurgiens, leur sens critique très aiguë. Ouais, entre les deux il existe une différence de niveau assez balèze.

J’ai donc subit les sermons sur différents trucs. Genre que je suis pas allé voir les sage-femmes (ben non, je n’y suis pas allé parce que j’étais au bloc et que le roulement de salle était plein) ou que j’ai dormi un matin ou deux (et oui, j’aime bien apprendre qu’il n’y a rien à faire avant 10h … donc au lieu de commenter leur vie passionnante et bien je dors) et même que je n’ai pas apporté de gâteau.

Et c’est donc ainsi qu’est venu ce qui a définitivement fait perdre toute crédibilité à ce qu’elles me disaient.

La question qui fâche, spéciale dédicace à @LaPeste.

Sur la fin de l’entretien cette question a fait perdre toute crédibilité à l’infirmière en face de moi.

« Tu es sûr que tu veux être sage-femme ? »

La première réponse que me vient à l’esprit est d’ordinaire « Un peu oui, connasse, sinon je serais plus là depuis un bail. » mais ensuite je me souviens que j’ai affaire à des collègues et que je ne peux pas me permettre de l’insulter gratuitement, alors je cherche une autre réponse plus appropriée.

Là arrive la deuxième réponse. « Euh … ben écoute je ne sais d’où tu te donnes le droit de juger ma motivation vu que tu ne m’as jamais vu bosser comme sage-femme ; d’autre pas cette question semble essentiellement être posée à des hommes, tu serais pas un chouilla sexiste par hasard ? » Mais le problème de cette réponse c’est que d’une part elle ne répond pas à sa question et que d’autre part elle ne le prendra pas bien. Sauf si elle aime que je la prenne de haut.

C’est donc la troisième réponse qui vient parce qu’elle est consensuelle, qu’elle marche pas trop mal et qu’en plus elle fait étudiant sage-femme ultra-motivé. Je pense très fort à ma deuxième réponse, je lui balance un regard genre « Excusez-moi, mais il me semble avoir entendu comme un son disgracieux sortir de votre bouche. », je lui case un sourire Colgate et je réponds avec enthousiasme : « J’adore ce boulot. » Ce qui met fin à toute polémique tout en lui faisant sentir que elle, l’infirmière faisant fonction d’infirmière de bloc opératoire diplômée d’état, elle n’a aucune idée du boulot que je fais et par là même aucun droit à me juger.

Eugène Ounéguine.

C’est donc avec le cœur léger (mon commentaire de stage est génial, j’ai eu des commentaires constructifs de la part d’une des infirmières) que j’ai rejoint mon père à l’opéra Bastille. Un bout de temps que je n’avais pas été à l’opéra.

Il s’agit donc de l’ouverture de la saison et d’une première à l’Opéra de Paris : Eugène Ounéguine.

Le livret et l’argument sont basés sur un roman de Pouchkine et le tout est mis en musique par Tchaïkovsky que je connaissais plus pour ses ballets (en fait, j’avoue mon inculture quant à l’existence de ses opéras). L’histoire est romantique à souhait : dans la campagne russe (1825) deux sœurs, Tatiana et Olga vivent une existence de fille de propriétaire terrien. Olga est fiancée à un de leurs voisin, Vladimir Lensky et Tatiana lit des livres romantiques en rêvant d’histoires d’amour.

Un jour Lensky leur rend visite accompagné d’un certain Eugène Ounéguine, un de ses amis. Tatiana tombe amoureuse de l’homme en question (parce que c’est un baryton aux cheveux mi-long un peu mystérieux) et lui écrit une lettre d’amour. Ounéguine la repousse (« Je ne suis pas fait pour le mariage car il détruit l’amour »). Ce soir là a lieu un bal et Ounéguine s’ennuie. Il séduit Olga, la fait boire et rend jaloux son ami. Les deux hommes se disputent, Lensky provoque Ounéguine en duel et Ounéguine le tue. Désespéré il part en voyage pour oublier son chagrin.

Quelques années plus tard Ounéguine se rend à un bal à Moscou chez un de ses amis général de l’armée impériale. Il découvre l’épouse du général : Tatiana. Il est soufflé par sa beauté, la prestance, son maintient : il en tombe amoureux et il lui écrit une lettre. Tatiana le repousse mais lui fait l’aveu de son amour. Elle le laisse seul et lui se font en désespoir.

C’est donc un opéra romantique par excellence, où les gens se battent en duel (c’est des hommes, ils sont russes) et où les amours sont impossibles. La composition est assez classique (moi qui me suis habitué aux opéras moderne) et le livret également (l’opéra est décrit comme une pièce en deux actes et sept scènes lyriques).

J’ai trouvé la mise en scène assez juste avec deux décors : le premier acte campagnard, très chaud (aux teintes orangées) possède un accent relativement enjoué avec des chants et des danses russes, des couplets, des refrains. C’est l’acte de la tourmente de Tatiana, la jeune fille naïve et pure.

J’ai personnellement beaucoup aimé la dispute entre les deux amis parce qu’il y a de l’action, des insultes qui volent, la foule déchainée autour.

Puis viens l’acte 2 avec le duel, le désespoir. Tatiana devient une femme plus sûre, beaucoup moins naïve. Les couleurs sont le noir, le blanc, le cristal. Les airs sont plus graves, mise en relief par le général et sa voix de basse maitrisée. La scène est un miroir et les rôles s’inverse. Tatiana a mûri et ses rêves d’enfant se sont envolés.

Un bel opéra à aller voir, s’il est encore monté un jour.

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§ Une réponse à Elitwiste again à Moscou.

  • ambre dit :

    j’adore particulièrement la 2e réponse, même si il est bien évident qu’on ne peut pas répondre ça… mais cette question de la part d’une infirmière qui ne connait rien à notre boulot… perso je garde un bon souvenir de mon stage au bloc, équipe sympa, qui ne m’a jamais jugée…
    et ne t’en fais pas, tu auras d’autres occasions de te prendre la tête avec des IADE et des IBODE, perso je bosse avec des specimens qui voudraient m’apprendre l’obstétrique…

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