Histoires de Planning

lundi 11 octobre 2010 § 2 Commentaires

Le Retour de l’ESF.

« Bonjour ! Ta tête me dis quelque chose … « 

Oui, j’étais déjà venu à l’évoquer, mon petit passage au Planning Familiale. Pas en profondeur, pas vraiment. Une journée ça n’est pas vraiment quelque chose qui fait de l’expérience, et pourtant c’était déjà une journée chargée. Alors que dire sur celle là ?

Et bien sur celle là j’ai envie d’écrire d’abord parce qu’elle n’est pas chargée et qu’il y avait des histoires touchantes. Autre chose que le fameux « Tous les deux ont avait des test négatifs alors on a arrêté les préservatifs. Mais je pensais pas que je pouvais tomber enceinte. »

 

Alors qu’il suffit de rater une marche pour tomber enceinte, comme dirait une de mes formatrices.

 

Celle qui ne savait pas.

Première histoire. Une femme, la trentaine, venue consulter pour un retard de règle (mais avec des cycles irréguliers …) et qui se retrouve face à des bêta-hcg positifs. Elle veut arrêter la grossesse. Mais revenue de l’écho, sa volonté a vacillé. L’échographe, plus ou moins bien intentionné lui a montré l’écran, le tas de cellule embryonnaire qui s’agite dans son liquide amniotique ; et au fond d’elle c’est difficile de prendre une décision.

Elle est repartie avec sa lettre, son inscription en centre d’IVG et surtout ses doutes.

 

Ceux qui savaient trop bien.

Cette histoire m’a touché en fait.

La pause déjeuner était passée, je parlais avec la sage-femme du planning dans le secrétariat de plein de chose (entre autre de mon mémoire qui la concernait un peu). Quelqu’un a passé la tête par la porte, pour demander si elle dérangeait. En cinq minutes la pièce était réarrangée et elle et son compagnon avait une place dans le bureau.

Cette histoire est triste car cette patiente se savait enceinte. Mais cette patiente venait avec une demande d’IVG.

Il faut comprendre que ce couple venait d’être expulsé de son domicile, sans travail. Parce que les temps sont durs et qu’ils ne faisaient pas bon accueillir un enfant dans ces conditions. Mais ils ont longtemps hésité, ils ont retardé l’échéance. A 11 semaines il fallait faire quelque chose.

 

On les a regardé s’éloigner dans le couloir, l’un contre l’autre, et leur lucidité pesait sur leurs épaules comme un fardeau.

 

Celles qui venaient comme ça, pour savoir.

Une fin de journée sous le signe de l’orange mécanique.

Un groupe de filles est apparu comme une tornade dans le planning. Une qui vient consulter et huit qui tiennent la salle d’attente. Et les huit en question se connaissent à peine.

En fait nous avons vu défiler quatre des huit filles, et les quatre restantes ont passé leur temps à se tasser sur leurs sièges. La tension était palpable, elles se sentaient mal à l’aise d’être là « pour un truc qu’on sait même pas ».

 

Ces filles étaient plus ou moins SDF. Plus ou moins hébergées ou en foyer. Surtout totalement désinsérées, marginales. Vivre d’expédient, zoner et rencontrer d’autres groupes fondés sur un droit d’ainesse. « Je vais voir si mes grandes peuvent pas m’héberger ». J’ai eu la drôle d’impression de me retrouver face à une fille dans Orange Mécanique. Pas de but, pas d’avenir, un passé qu’on préfère taire et des parents que l’on préfère éviter.

Elles reviennent demain. Mais …

 

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