Regarder en arrière

samedi 13 novembre 2010 § 2 Commentaires

J’ai essayé d’écrire mais …

  • Les week-end de cinq jours c’est trop cool.
  • Le vin rouge est plus fort que la bière.
  • Les jeux à boire à 1h du matin c’est quand même mieux que pas de jeux à boire.
  • Les réunions de bureau, au national, c’est vraiment cool !

Je vous passe le japonais, le moment où tout le monde s’est retrouvé au sol foudroyé de rire et celui où j’ai pris ma branlée à Super Smash Bros. Encore. Mais c’est pas ma faute parce que Stan et trop fort à ce jeu.

J’arrive pas à croire que j’ai réussi à faire un paragraphe là dessus. Zut.

 

Encore une étude qui fait du bruit.

On dirait que la chasse est ouverte. J’ai failli me dire qu’il fallait bien que j’écrive un truc sur cette belle études qu’est Intrauterine exposure to mild analgesics is a risk factor for development of male reproductive disorders in human and rat que je vous laisse lire.

Je me serai bien amusé à la discuter mais Openblueeyes et Borée l’ont déjà fait à ma place, sans doute mieux que je ne l’aurai fait moi-même (mes cours de lecture critique d’article c’est cette année que je les ai, même si je commence à savoir me dépatouiller avec mes cours de stats et mes quelques travaux de recherches). Je vous laisse entre leurs mains expertes.

C’est marrant cette mode de sortir des études en carton ces derniers temps. Je me demande si on ne devrait pas faire une étude sur l’influence des remaniements ministériels sur l’incapacité des journalistes à interpréter des études scientifiques.

Vocation.

A la base la médecine, c’était pas vraiment ce que je voulais. Au départ je voulais faire de la recherche. C’est l’horreur non ? Sauf qu’à y réfléchir, faire de la recherche impliquait beaucoup de choses cool, comme des études de microbiologie sur les paramécies ou d’autre archéobactéries.

Sauf que moi, les boites de Pétri c’est pas mon outil préféré et que les bestioles que j’étudie j’aime bien pouvoir leur parler sans qu’on me jette des regards en coin. Et puis si c’est pour démontrer qu’une enzyme a un rôle dans le mécanisme de la régulation de l’élimination des aphrodisiaques chez Pfiser … non merci.

Parce que vers le milieu de lycée, je me suis rendu compte que faire de la physique me ferait faire des maths pendant longtemps et que faire de la biologie fondamentale ne serait pas utile à l’humanité. Enfin, sauf pour les priapismes dus à un abus de pilule bleue. Mais passons.

 

Alors comme la biologie était ce que j’aimais, comme je voulais un truc pas trop chiant en sortant et que je n’ai jamais vraiment eu de problème avec les gens, je suis parti vers le médical. La médecine en fait. Parce que, d’après mes parents c’était mieux d’aller en médecine pour ça, de toute façon le reste n’était pas bon.

Je fis donc une croix sur la recherche et j’entrais dans les ordres. En PCEM1. Au fond vous et moi nous savons que c’est la même chose.

 

Bien entendu 2 ans après, n’ayant pas eu médecine (qui m’aurait ouvert les portes de la recherche clinique et de la publication) j’entrai en sage-femme. J’étais en accord avec moi-même à ce niveau là. J’avais un métier médical, j’allais continuer à faire de la biologie et j’allais être utile aux autres.

Au moment de ce choix, peut-être pas le plus réfléchi que je fis, je ne savais pas encore que j’avais trouvé ma vocation.

 

3 ans plus tard.

Je suis allé voir ma formatrice Mercredi. Ils appellent ça des entretiens pédagogiques. On a parlé de portfolio, de mon mémoire (la blague classique, quand on nous fait « Et votre mémoire, vous en êtes où ? ») et puis du reste. Parce que ces entretiens c’est aussi l’occasion de faire le point sur la façon dont se déroulent mes études.

On a parlé de recherche.

« Vous connaissez beaucoup de sages-femmes qui lisent des articles sur PubMed quand elles sortent du taff ? Peut-être qu’on aurait plus de respect si les gygy ne voyaient pas Voici et Gala sur nos bureaux en passant en salle. »

 

La recherche est en réalité difficile pour les sages-femmes. Les médecins disposent de temps de recherche sur leur temps de travail. Les sages-femmes non. Les médecins empêchent les sages-femmes d’être les premières signatrices de leur travail, et être investigatrice de recherche est presque impossible à cause du manque d’espace dédié.

 

Faire de la recherche devient alors non pas une vocation, mais un outil de lutte. Comprendre, critiquer, écrire et découvrir. Il s’agit en fait du moyen qu’ont les sages-femmes de s’affirmer et de défendre l’autonomie de leur profession.

C’est ce qu’il nous a manqué par le passé, à chaque fois que les chirurgiens ont fait un pas de plus pour nous subordonner, et cela devient un enjeux vital aujourd’hui.

 

Et donc, PubMed doit devenir notre objectif. Moi qui commence déjà à pas pouvoir encadrer ce truc …

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§ 2 réponses à Regarder en arrière

  • 10lunes dit :

    « La recherche est un outil de lutte ».
    J’applaudis à cette phrase, déplorant faire partie de la génération qui n’a reçu absolument aucune formation, ni à la recherche, ni même à la LCA et qui rame en essayant d’y piger quelque chose.

    C’est parce que nous prouverons la réalité de ce que nous énonçons que nous pourrons combattre sur un pied d’égalité avec nos opposants, souvent médecins…

    Trop souvent, nous invoquons notre intime conviction..
    et là, on perd sacrément en crédibilité…

    • gromitflash dit :

      Moi ce qui me désespère c’est que ma génération qui reçoit une formation lit Gala et Public en classe.
      Sans vouloir juger mes pairs sur le sujet.
      Mais bon.
      Si on ne lit pas d’article on ne sait pas les critiquer, si on ne critique pas d’article on ne sait pas en écrire un et si on ne sait pas en écrire un on peut faire une croix sur l’indépendance de la recherche sage-femme.

      On nous donne les armes pour nous battre, je suis triste de voir qu’il y en a qui préfèrent jardiner avec.

      Ce qui manque, je crois, c’est que trop d’intimes convictions ne sont pas démontrées. C’est vrai quoi, on trouve où l’article qui nous dit si le Spasfon fait vraiment lacher un col ? Ou que le G30% fait réduire les oedèmes vulvaires ?

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