Sage-Pouf

mercredi 17 novembre 2010 § Poster un commentaire

Bichat

J’ai fait ma première garde à Bichat. Un nouveau service, une nouvelle ambiance, une autre façon de faire. Presque.

J’avoue que je me suis d’abord perdu dans l’hôpital. Arrivé à 7h30, j’ai hésité avant de franchir le pas du CHU. La tour m’impressionne toujours autant que lorsque j’étais primant dans la faculté de médecine attenante, cinq ans plus tôt. Je crois qu’il y a encore deux ans j’aurais eu peur de retourner dans cet endroit. Maintenant ma peur s’est envolée. Je peux parler librement de ce qui m’est arrivé avec les externes qui étaient sur les mêmes bancs que moi et eux ils me disent « C’est fou à quel point t’es déjà autonome. »

 

Pathologie

Je suis arrivé largement à l’heure, mais je n’y croyais pas au départ. D’abord parce que je n’ai trouvé qu’une porte de derrière dans la maternité, qui m’a mené à un ascenseur, qui m’a mené à une infirmière de grossesse pathologique qui faisait son tour et qui m’a regardé avec des yeux ronds arriver dans son service. Le genre « Mais comment t’es arrivé là au juste ? » Sur ses conseils j’ai passé des portes, des couloirs, deux autres ascenseurs et j’ai fini dans une salle d’attente avec une femme sur une chaise qui se levait de temps à autre pour regarder au travers de la double porte et un homme allongé sur un banc qui finissait sa nuit.

J’ai sonné, je suis entré.

 

Après quelques transmissions on m’a laissé avec la seule patiente en salle à ce moment là et sa pathologie en trois lettres. Un dossier énorme rempli de bilan, de lettre de médecins et de mots savants. Je regrette presque mes dossiers de deuxième année et mes primipares sans pathologies.

On fait avec ce qu’on a.

 

J’ai récupéré une deuxième patiente qui, pour le coup, n’avait pas de problème. Juste un secret que son mari ne devait pas entendre. Elle a attendu toute la journée, elle a supporté pas mal de choses.

Pour une fois c’était ma patiente. Parce que la sage-femme, au bout de deux heures m’a dis « T’es en troisième année, je te laisse gérer seul, si t’as un soucis tu m’appelles ? » J’ai pu ouvrir le dossier d’accouchement et pour la première fois y apposer mon écriture.

« 15h30, ESF3 Gromit’. Soulagée, CU encore irrégulières, … »

Mes épaules sont enfoncées d’un coup. Parce que pour une fois s’il y avait un problème cela serait ma faute. A moi seul. On relit le dossier une deuxième fois, on revoit le rythme encore, on est au petit soin et quand on sort de la chambre on croise le regard de la sage-femme qui est dans son fauteuil devant la centrale de monito.

 

Sage-Pouf

Je n’aime pas ce sobriquet. Entre nous, encore, pourquoi pas.

Mais je n’aime pas qu’un autre utilise ce sobriquet. C’est comme appeler quelqu’un nègre. Il y a bien des afroaméricains qui s’appellent nigger entre eux hein. Mais pour un blanc, l’usage de ce mot est très connoté.

Et bien là c’est pareil.

 

Je n’ai pas besoin de vous faire un tableau complet, mais les infirmières qui nous appellent comme ça … C’est pas acceptable. Il me semble.

 

Utiliser le nom d’une profession, c’est lui rendre le respect qui lui est dû. Mais je ne vais pas vous faire un mémoire sur le sujet.

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