Sale con

jeudi 10 février 2011 § 8 Commentaires

Note préliminaire (I’m just enjoying the foreplay) : j’ai pas loin de 39°C de fièvre et j’y tiens tête avec volonté et l’utilisation combinée de paracétamol et d’AINS. Je ne suis pas bourré (parce que pour le coup j’aimerai éviter l’hépatolyse) mais c’est tout comme. Quelques frissons avec.

 

Ainsi un débat anime le monde étrange des blogueurs et la guerre est d’hors et déjà déclarée. Il s’agit du clash entre @Mixbeat, qui est à la malhonnêteté intellectuelle ce que Candida Albicans est au prurit chez la femme enceinte (c’est-à-dire un parfait exemple et un cas d’une banalité affligeante) et @Maitre_Eolas, valeureux blogueur bien connu qui pourfend du glaive immaculé de la justice chez qui il bosse les cons, les vils et les gens à l’argumentaire diffus.

Notons d’ailleurs au passage avant de jouer avec le feu, que là où le premier s’étale dans le scandale après avoir eu, comme de juste, son compte twitter banni puis débanni, le second se drape dans sa dignité froissée et reste muet. Parce qu’on ne tend pas la joue aux cons : pour peu qu’ils aient mis les mains dans la merde ou dans un liquide méco, ça peut vraiment salir.

 

Le nœud de l’affaire

Bon, résumé de l’épisode pour ceux qui ne suivent pas (ce que je comprends). Il semble que @Mixbeat, ayant fini par comprendre que le tweet homophobe gratuit ne fait pas recette, a décidé de juste révéler l’identité masquée de notre avocat justicier. Là, comme ça, dans un tweet, avec son numéro de téléphone perso et pro.

Et ce tweet entraine donc un tas de péripétie, vu que tout le monde le prend mal, que le fautif ne comprend pas, les partisans s’affronte et @Mixbeat est jeté hors de la twittosphère par des fans déchainés. Et nous allons voir pourquoi cela n’est pas un problème, pourquoi cela est même une solution et pourquoi je suis mécontent qu’il soit de retour. Et surtout que des gens prennent sa défense.

 

Ostracisme

Qui utilise encore ce mot de nos jours ? Moi je l’ai appris en cours de grec, à l’époque de mon lycée (ce qui commence à dater, je l’avoue). L’ostracisme était le vote par lequel les citoyens athéniens décidaient simplement d’envoyer l’un des leur en exil parce que c’était un sale con et qu’ils ne voulaient plus entendre parler de lui.

Plus couramment, de nos jours, c’est le mécanisme principal par lequel une communauté quelle qu’elle soit s’autorégule. Si un individu A commet une faute impardonnable pour la communauté, elle arrête de lui répondre, le troll, ne l’invite pas aux IRL, cesse toute activité avec A et l’individu se retrouve mis au ban de la communauté, obligé de s’exiler à l’extérieur, dans le grand web glacé.

 

Ce mécanisme que l’on taxe d’arbitraire (parfois) est en fait parfaitement démocratique. C’est un peu le contraire d’un lymphocyte T4 cytotoxique qui serait plus proche de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité … euh je m’égare. Bref c’est un système d’autoprotection pour un groupe humain.

 

Tabou

Ca, vous le connaissez non ? Même s’il est galvaudé comme terme, son sens reste fort.

Il s’agit d’un acte que les gens ne doivent pas commettre parce que … on sait pas trop en fait, mais c’est mal. Comme l’inceste, enseigner le créationnisme ou enculer un mouton devant 200 personnes à un match de CFA. Les membres de la communauté qui vous prend la main dans le sac à tabou vous jettent à la porte.

Ostracisme direct quoi.

 

Alors, vous me direz que je tourne autour du pot, mais j’ose espérer que vous voyez où je commence à vouloir en venir.

Résolvons cette équation ultra-difficile !

Un sale con commet un tabou, la twittosphère le lynche, @Mixbeat est banni. Facile non ?

 

Si facile ?

En fait c’est là que se trouve le débat réel. Pour l’instant je n’ai fait qu’un rappel des faits. De longs préliminaires en quelque sorte. Maintenant on va attaquer la partie sérieuse du billet.

Pourquoi peut-on considérer cette histoire d’identité divulguée comme un tabou ?

En fait il existe sur internet une règle tacite : chaque utilisateur est libre de fixer la limite de l’étalage de sa vie sur internet. Et Facebook n’est pas une exception au sens où Facebook, malgré ses conditions d’utilisation immonde et nulles (notamment en ce qui concerne les photos) vous permet tout de même de décider de qui a accès à quoi chez vous. Je peux décider de montrer mon âge réel à seul 5 personne sur 400 contacts. Ou ma préférence sexuelle, religieuse, politique, le fait que je n’aime pas les trucs avec des gifs animés, des poèmes multicolore et des images de … erf non, j’ai dit que j’arrêtais ça … ouais mais j’ai de la fièvre, j’ai presque une excuse.

Ainsi, certaines personnes décident d’apparaître sur leur blog/site/twitter/etc sous leur vrai nom, laissant nom et prénom dans les commentaires. Il existe aussi des nerds parano qui ne se montrent que sous pseudo en utilisant un proxy (c’est un extrême), conservant leur anonymat complet. En tout état de cause cette identité cachée, tout le monde s’en fout sauf quelques personnes.

 

Si tout le monde s’en fout, où est le problème, me direz vous ? Et bien le problème c’est pas tout le monde, c’est les quelques personnes qui ont souvent des intentions quelques peu déplacées à l’égard de ces anonymes. Personnellement j’ai fait le choix de donner mon prénom et me retrouver dans la réalité n’est pas d’une difficulté transcendante si vous êtes un maniaque. Cependant, si je n’indique pas mes nom et prénom ici c’est surtout parce que je ne veux pas recevoir des cercueils miniatures par la Poste si j’écris un truc qui fait trop chier les pro-life.

L’anonymat c’est sacré car la liberté d’expression sur le net peut compromettre une vie. Il y a des gens qui ont des patrons, des études, des amis, des relations commerciales. Une bloggeuse sexe qui traine dans des milieux un peu réac ne peut clairement pas s’afficher.

 

Quand votre boulot c’est d’être journaliste et de vendre des papiers où vous vous affichez, c’est simple. Quand vous n’êtes qu’un des multiples blogueurs qui s’exprime sous le manteau, c’est une question de survie.

 

Exemple Godwin

On va mettre ça dans un contexte historique galvaudé qui facilite la caricature, histoire de faire comme Estrozi au Grand Journal (ceci est une attaque, merci de la prendre comme telle).

Imaginez que nous soyons, genre, occupé par un ennemie un brin fasciste que la liberté d’expression gêne. Au hasard je dirais la France en 1943. Vraiment au hasard hein.

Si je commence à hurler sur les toits qui se cachent derrière le pseudonyme de Maitre Eolas (on va dire, genre, Jean Moulin), vous savez, ce résistant qui tient un journal vachement pertinent sur des problématiques telles que l’expulsion de gens n’ayant la nationalité française vers la Pologne, et bien Klaus Barbie, il chope ledit Jean Moulin et il le torture. Et c’est moche. (Godwin !)

 

Au cas où vous l’auriez oublié, les gens, nous sommes en guerre contre des fléaux que sont la désinformation, la stupidité et l’esprit réactionnaire. Internet a été créé dans le but de faire circuler des travaux de recherche et des documents que n’importe qui peut écrire même en cas de conflit thermonucléaire. Dénoncer un camarade blogueur dans cette guerre, c’est tendre un fusil chargé à l’ennemi. Car ce genre d’information n’intéressera jamais que des gens mal intentionnés (et des groupies … mais ça j’ai pas alors j’en reste là).

 

@Mixbeat devrait être jugé par le conseil national de la résistance pour son crime et il mérite ce qui lui est arrivé.

 

Dehors, sale con !

 

 

(Ah et sinon j’ai 23 ans aujourd’hui et je me retrouve à faire un article d’anniversaire sur un sujet comme ça … le temps ne m’arrange pas. Oubliez les « joyeux anniversaires en commentaire, je ne prends que les textos et les appels téléphoniques … et les DM sur Twitter aussi. J’suis vieux non ?)

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