Losing my meta-religion

dimanche 1 mai 2011 § 4 Commentaires

J’ai hésité. Beaucoup hésité. Peut-être beaucoup trop hésité. Mais en même temps, ce dernier méta-billet doit être flamboyant et vivifiant.

Voyez-y une introduction à la suite, c’est l’objet des méta-billets d’être ainsi. Parce que mai, c’est le mois qui va dépoter grave pour les sages-femmes. Parce qu’on va battre le pavé et charger avec rage. Et c’est aussi le mois où je serai au bloc opératoire avec les anesthésistes. Tout un programme.

Ce billet, c’est un billet que j’ai mis du temps à aboutir dans ma tête. Parce qu’il y a le potentiel de troll, parce qu’il y a ce genre de sujet sensible qui enflamme tout le monde d’un seul coup, sans réelle raisons, mais en même temps qu’y a-t-il de plus intime, de plus de difficile à aborder, que la religion.

Erf j’ai lâché le mot.

Nous avons tous une religion. C’est une chose qui nous détermine comme humain, une construction sociale commune à toutes les cultures terrestres. Alors je ne sais pas si vous êtes chrétiens, musulmans, animistes, agnostiques, athées, juif, taoïstes, bouddhistes, shinto, pastafari… mais pour une fois, parlons-en.

Les trois choses que je hais en religion

Il y a trois choses que je hais en religion. Je ne hais pas la religion elle-même (je suis protestant, croyant,… ) parce qu’il me semble qu’il s’agit d’une construction sociale très intéressante en elle-même et qu’elle offre le meilleur comme le pire. Donc trois petits points.

Je hais la croyance aveugle. La croyance aveugle empêche de remettre en question les dogmes et de penser par soi-même. C’est une facilité de vie, certes. Je n’ai qu’à abandonner mon libre arbitre et à me fier à une parole supérieure à la mienne. Les religions hiérarchisées me posent donc, déjà, un léger problème. L’idée qu’un homme puisse être un média particulier entre le divin et l’homme est une idée qui existe dans beaucoup de religion, mais que des gens exécutent ses moindres désirs me semble anormal.

Je hais l’inertie. Certaines religions m’ont toujours étonnées dans leurs capacités d’évolution (comme le shinto qui s’est adapté à la civilisation japonaise, ou le bouddhisme qui n’est pas devenu technophobe alors qu’il en a le potentiel, voir l’islam qui s’accorde parfaitement d’un état laïque, comme en Turquie), alors que d’autres m’atterrent. Rester bloquer sur des points de détails passéistes qui n’ont plus de résonnance avec les avancées sociétales est pour moi une façon d’obtenir la soumission des fidèles au profit de quelques uns. Je ne pointerai personnes, mais créer des musées du créationnisme et excommunier une fillette de neuf ans enceinte qui souhaite avorter, même combat.

Je hais l’intolérance, et plus particulièrement l’intolérance d’un croyant envers un autre, d’une religion envers une autre. De quel droit peut-on juger de la capacité de quelqu’un à croire en quelque chose de bon ou non ? Et il s’agit pourtant de la chose la plus facile à faire dans ce genre de débat, un débat où personne n’a vraiment raison et où les arguments commencent peu à peu à exprimer leur propre absurdité.

Exemples choisis

J’ai mis du temps à écrire cet article.

Cela a commencé à me titiller l’année dernière quand j’ai commencé pour de bon à bosser avec des femmes. Les gens me posaient la même question à chaque fois. « Mais t’as jamais de problèmes avec les femmes musulmanes ? » Faut dire qu’on a une vague d’islamophobie en France et que oui, pour eux, c’était normal qu’un papa vienne me casser la gueule après l’accouchement parce que j’avais vu sa femme. Le truc c’est que ce genre de chose m’est plus souvent arrivé avec des gens à peu près tout sauf des musulmanes. Et vu que ça se limite à 8 femmes pour l’instant, je ne pourrais sans doute jamais vous donner vraiment beaucoup d’exemples.

Ensuite il y a eu quelques petites choses, comme ça.

Des articles sur des questions d’avortement. Une visite de la cathédrale de St Jacques de Compostelle (là où les gens font la queue pour se taper la tête sur une statue), un pasteur américain qui brûle un coran et le truc bizarre qui s’est produit à Avignon il y a peu.

Ces deux derniers exemples me semblent particulièrement pertinents.

D’abord celui du pasteur américain qui me choque beaucoup plus qu’autre chose. Les autodafés me font peur en fait. Et détruire un livre reste le meilleur moyen d’assurer la victoire de l’obscurantisme. L’incident d’Avignon me plonge dans la consternation. Un exemple parmi d’autre d’idolâtrie. Je n’ai pas d’autre mot. Pourtant, pour des croyants de religion monothéiste… (bon arrêtons le troll).

Au fond du problème

Voilà. J’ai fait un troll et un godwin, je vais devoir arrêter là les exemples. De toute façon je n’ai pas assez de temps pour tout ça.

Je pense qu’il y a un problème au fond de tout ça.

Le vent de progressisme qui soufflait est en train de retomber. J’ai l’impression qu’on assiste à une remontée des extrêmes religieux, et cela me pose un réel problème. Parce que la première cible des extrêmes religieux, ce sont les femmes, et la première idée est d’inciter les hommes à mater leurs femmes. Parce qu’une fois qu’un système religieux est installé (et l’exemple est flagrant dans les Etats du Sud des USA), ses premières attaques concernent les femmes et les droits fondamentaux des gens.

Et des gens viennent remettre en cause la laïcité… fun fact.

(note : ce billet aurait dû être publié le 29 avril … alors que nous sommes déjà le premier mai. Désolé pour le retard, mais je me suis perdu du côté de Troyes ce week-end.)

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§ 4 réponses à Losing my meta-religion

  • AC dit :

    T’es toujours aussi peu réfléchi à ce que je vois. Finalement, je suis assez contente de retrouver en toi ce pour quoi je te trouvais inintéressant…

    J’avoue que ça faisait une éternité que je n’étais pas venu me divertir en lisant un de tes articles écrit de façon alambiquée… Et puis, après la soutenance je suis revenue, j’étais sûre que tu ferais un article sur les mémoires.

    Aujourd’hui, je m’ennuie, pas assez de cours à réviser peut-être ? Toujours est-il que je débarque sur ton blog persuadé de lire encore un de ces trucs sans saveur où tu t’étales et tu te targues d’être l’un des meilleurs de ce monde.
    Ah ! Un article sur la religion. Intéressant en ce lendemain de béatification de JP II. Voyons voir… Un peu de politiquement correct, un peu de féminisme (il paraît que ça se vend bien de faire croire qu’on est un homme préoccupé du sort des femmes) et un peu de « je casse du sucre sur ceux qui ont le cran de dire ce qu’ils pensent ».
    Oui mettre un crucifix dans de l’urine est ignoble. Tu t’indignes de voir un livre brûlé. Je m’indigne de voir un crucifix fourré dans un verre d’urine.
    Et ne viens pas dire que c’est de l’idolâtrie. Parce que toi comme moi on sait que ce n’est pas le cas. Le crucifix représente quoi pour les chrétiens ? Le Christ offert pour les péchés des Hommes. Donc implicitement, c’est le symbole même du christianisme puisque sans sacrifice pas de résurrection, pas de salut, pas de Ciel pour les bons chrétiens.
    Donc, je ne vois rien de choquant à vouloir faire retirer un net sacrilège à leurs yeux.
    Les chrétiens n’adorent pas le crucifix mais la personne qui fut clouée dessus. Le bois de la croix a quelque chose de formidable à leurs yeux car c’est comme on dit « leur planche de salut »…
    Je m’étonne qu’un protestant ne le sache pas. Ou tout du moins soit assez lâche pour faire croire que les « vrais croyants » devraient laisser faire une oeuvre d’art pareille.
    En quoi est ce de l’art ?

    • Gromitflash dit :

      Partie 1 :
      Exode, chapitre 20, verset 2 :
      Je suis l’éternel ton Dieu qui te fis sortir du pays d’Egypte et de la maison de servitude.
      3 Tu n’adoreras pas d’autre dieu devant ma face.
      4 Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.
      5 Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, […]

      Et je m’arrêterai là. Pour te rappeler ton catéchisme (et je pense que tu l’as eu) l’Exode fait parti du Pentateuque, la Pentalogie qui sert de base à tout ce qui a été écrit par la suite dans la bible. Ces commandement sont la base de la croyance judéochrétienne.

      Et tu viens m’envoyer des Chrétiens dessus ? Pèse tes mots, s’il te plait, et ne vient pas parler de protestantisme à un calviniste réformé, parce que je pense que tu ne sais au final que peu de chose sur le protestantisme, si ce n’est ce débat que je ne souhaite pas ouvrir ici sur la transsubstantiation et la consubstantiation qui m’ont toujours laissé pantois.

      Mais passons. Tu remarqueras que mon « crucifix » est une simple croix dessiné sur la seule chose vraiment importante pour les chrétiens : le Bouquin (aka o Biblos en version original hellénisée). Il ne porte pas de martyr. Il représente un libérateur. Le signe que je porte autour du coup est une croix de Navarre et une colombe qui symbolise la pentecôte. Le rachat des péchés contre la fraternité entre les hommes ?

      Et j’avoue que je m’attendais à ce genre de commentaire, parce qu’après tout parler de religion est quelque chose de difficile, surtout parce que cela touche tout le monde au plus profond. Mais cet article a une raison d’être : je lis beaucoup. Beaucoup de blog. Et certains blogs m’ont juste laissé pantois. Personne n’écris d’avis modéré sur une question pareille, tout ce que j’ai lu était soit :
      _ « Ne laissons pas les infidèles hérétiques athées avorteur sémite bafouer notre saint seigneur Jésus Christ, il est dommage que les bûchers n’existent plus pour ce genre d’abjects mécréants ».
      _ « Ces connards de cathos réac’ stupides font vraiment chier le monde ».

      Donc oui, j’ai fait dans le politiquement correct, parce qu’à force de fréquenter des milieux mixtes je me suis rendu compte qu’avoir un avis aussi … abrupte que le tiens, pouvais me faire passer pour un ignare intolérant. Hum. Pardon pour la petite pique.

      La grande différence entre les protestants et les catholiques, c’est que nous croyons fondamentalement en un Christ enseignant et bienveillant qui a répandu la Pentecôte parmis ses apôtres et qui a offert sa souffrance pour montrer que la violence est une réaction inutile à la tyrannie.

      Vous adorez une série de martyr, une vierge qui désèche des mains de sage-femme avec son vagin et une série de saints tellement divers que j’ai toujours un grand plaisir à lire leur histoire dans le vingt minutes parce que ça égaye ma journée avec un peu de folklore païen.
      Fondamentalement, les ex voto, les chappelles, les sources, les croisées de routes et l’Index sont des outils d’oppression politiques mis en place par une chrétienté alors vacillante et qui avait besoin de briser les mythes païens de fertilité, de protection … mais tu as lu Jacques Gélis donc tu le sais.

      Si je veux troller un peu j’ajouterai volontiers un passage sur l’inquisition, les diverses guerres de religion, la révocation de l’édit de Nantes, la Saint Barthélémy, la contre-offensive monarchiste de 1871, les relations troubles entre l’église en amérique du Sud avec un partie allemand qui a quitté précipitament le pouvoir en 1943, l’Opus Dei … Ah il parait qu’il y a un livre italien qui vient de sortir sur les scandales sexuels au Vatican avec les viols organisés de religieuses Africaine et les enfants de prêtre en pension. Mais là, clairement, j’arrive là où le débat ne devait pas arriver. Donc.

      Partie 2 :
      Le Piss Christ est une œuvre d’art. L’art est un moyen utilisé par l’artiste pour exprimer une chose. Ce qu’exprime Serrano dans cette oeuvre, qui représent un crucifix de plastique immergé dans l’urine et le sang, c’est le merchandising de la chrétienté qui se fait de l’argent sur le dos des croyants. Ce même Christ a chassé les marchands du temple de Jérusalem pour les mêmes motifs. Les larmes, l’urine et le sang sont là pour symboliser son martyr : il est devenu un objet banalisé livré à la consommation de masse.

      Après l’oeuvre choque ou ne choque pas. Elle n’est pas extraordinaire mais tout de même travaillée.

      Et donc, d’une façon logique, sur appelle de l’Archevêque d’Avignon, les gardiens du musée ont été agressé, les œuvres ont été vandalisées et le directeur de l’exposition est sous protection policière suite à des menaces de mort et à des insultes antisémites.

      Je suis sûr que ces menaces de mort émane de bons chrétiens qui disent amen quand le curé leur cite les évangile, surtout quand Jésus parle de l’amour du prochain.
      Un prochain que tu insultes, que tu agresses, et que tu menaces.

      Je ne sais pas toi, mais moi en tout cas je ne crois pas au péché. Je crois juste qu’un jour un homme a montré à tous le chemin et que nous devons aimer cet homme et son message pour les générations futures. Et je pense qu’on me jugera pour ce que j’aurai fait dans ma vie, sans avoir à faire face à un genre de code de procédure pénale divin qui m’enverra au purgatoire pour chaque cuite que j’aurai pris dans ma vie d’étudiant sage-femme.

      Alors ensuite si tu veux m’incendier parce que je n’aime pas les faux-cul intolérants qui disent amen à l’église et qui vont agresser les gens qui ne leur plaise pas, vas-y. Dans le meilleur des cas ça me fera réfléchir, et dans le pire ça me fera un truc pour rire l’hiver prochain quand je repasserai relire cet article.

      Partie Annexe :
      Au passage, si mon « étalage de vie » te pose tant de problème et que tu le trouves si inutile, je te propose de retourner lire la page « disclaimer » qui te confirmera que tu n’es pas obligé de perdre ton temps ici, et surtout pas en me mettant des pavés pareil. Moi aussi je passe du temps à répondre.

      (Ah et pour les mémoires j’avais adoré le tiens, je n’ai rien dit de négatif… mais bon, j’avoue que là… comme mon monde semble te tourner autour… ah non pardon)

      Reviens donc t’ennuyer par ici quand tu veux !

  • ambresf dit :

    woh mon pauvre gromitflash, tu te fais laminer…
    perso, je suis athée. alors l’oeuvre d’art ne m’a pas choquée. ce qui m’a choquer, c’est le sort qui lui a été réservé. alors comme ça, au non de la religion, non à la liberté d’expression? cette oeuvre n’était pas exposée publiquement mais dans un musée privé. qui ne veut pas la voir n’y est pas obligé. mais personne n’avait le droit de la détruire.
    quant à la religion à l’hôpital… ici, beaucoup de musulmans. aucun problème avec eux, aucun « je ne veux pas qu’un homme examine ma femme ». c’est sûr qu’elles préfèrent quand on est entre femmes, mais elles ne sont pas les seules… tant qu’on les respecte, aucun souci. on arrive même à discuter islam (ramadan, tout ça tout ça…)… j’ai même dernièrement eu une MFIU pour une famille musulmane. toilette, linceul, ça n’était pas dur de respecter ça, ça ne m’a rien couté, et eux, ça leur a fait du bien… le respect, toujours…;)

    • Gromitflash dit :

      Je suis bien d’accord.
      Perso un des meilleurs accouchement que j’ai fait récemment, c’était avec un couple musulman hypersympa, plutôt content de m’avoir, pas gênés…
      Et j’ai trouvé super beau le moment où le père a pris son tout-nouveau-né pour lui chanté l’appel à la prière. C’est très émouvant comme rite je trouve.

Qu’est-ce que ceci ?

Vous lisez actuellement Losing my meta-religion à Journal, deuxième partie..

Méta

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