Marseille, rires et larmes

jeudi 14 juillet 2011 § 2 Commentaires

Quand j’ai posé le pied sur le quai de Marseille St Charles, les yeux à peine remis de ma garde de nuit, j’ai su que ce congrès serait quelque chose de splendide. Le temps était au beau fixe et Marseille semblait déployer une âme commune aux villes de grand charme. 8e Congrès de l’Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes, le troisième pour moi.

Au final, de Marseille, je n’ai vu que le Vieux Port en accéléré, la Gare et le Campus de Lumigny. Je n’ai même pas eu le temps de patauger dans les calanques, mais au moins j’ai vu la mer et j’ai bu du pastis avec des marseillaises qui disent vraiment « peuchère ! », et ça, ça vaut tous les pataugeages en calanque du monde. Surtout que j’ai déjà pataugé dans les calanques et que je le referai encore.

 

Vendredi fou

Je suis sorti de garde après 4 accouchements. Je peux dire que, sur mon stage actuel, je ne chôme pas. J’ai gérer des patientes avec, sans péri, avec acupuncture… essayez voir de faire votre dégagement avec une aiguille plantée juste entre la fourchette et l’anus ! J’étais sur les rotules, et ce n’était pas fini.

J’ai chopé mon sac en vitesse et je suis parti le plus vite possible vers la Gare de Lyon.

Les trois heures de TGV m’ont fait l’impression d’un Nubain. La fatigue, l’engourdissement, les douleurs musculaires. En écho au fond du wagon le cri déchirant d’un gamin qui hurlait après son jouet qui roulait sous un siège. Parfois j’ai été tiré de ma torpeur par un contrôleur SNCF sympathique et une voisine qui allait aux toilettes. Passé Aix en Provence j’avais une banquette entière pour m’allonger.

 

Et donc j’ai posé le pied sur le quai de Marseille St Charles pour mon 3e Congrès de l’Anesf. La grande cohue de la sortie, l’air sec et méditerranéen ; voilà le premier visage que j’ai vu de Marseille (et surtout le seul que j’avais jamais vu jusqu’à maintenant). J’ai rejoint une copine de promo au niveau du métro et nous avons retrouvé les parisiennes sur le Vieux Port. Je l’ai vu 10 minutes. J’ai vu la mer, les gens (un peu), le soleil tapant sur la pierre blanche. Et on s’est dépêché de partir vers Lumigny.

Dans le bus pour Lumigny, les discussions se font à battons rompus et intriguent les usagers. C’est quoi une sage-femme ? C’est quoi un étudiant sage-femme ? Et pourquoi on parle de ça ? Ah parce qu’on fait les accouchements en plus ? Et pendant ce temps le paysage Phocéen change, et alors que le bus se pose à l’orée d’un campus, pris dans les pinèdes et les calanques. Plus tard on m’a dit que des filles avaient vu des sangliers sur le campus.

 

On a été installé comme des rois, on a été choyé. L’ouverture s’est faite par une question pour un champion sur des thèmes sages-femmes et associatifs, avec des questions évidentes parfois, et parfois beaucoup moins. Les festivités se sont poursuivies avec l’apéro des régions. C’est une grosse fête où tout le monde met la main à la pâte en amenant des produits régionaux et des thèmes pour la soirée. Je ne sais pas trop ce qu’il y avait dedans, mais Clermont Ferrand avait un cocktail à base de thé vert qui a eu pas mal de succès.

J’ai finalement pu me reposer, attendant toutefois le lendemain avec une boule au creux du ventre.

 

Samedi stress et strass

La journée de Samedi s’est ouverte avec une conférence sur les sages-femmes, leurs compétences et leurs limites. Un sociologue, une sage-femme libérale de l’UNSSF (si j’ai bonne mémoire). Une conférence qui, dans la bouche de quelqu’un étranger à notre profession (mais qui a beaucoup travaillé dessus tout de même), place des choses que je pense depuis quelques temps : le manque de cohésion des très nombreuses associations de sages-femmes nous dessert.

Et ensuite les formations. Moi qui ne m’étais pas vraiment inscris quelque part, je me suis retrouvé à celle sur les métiers de genre. J’ai beaucoup rit intérieurement quand le mec qui s’occupait d’une parti de la formation a commencé à parler de la blogosphère féministe (je vous aime, @LaPeste, @Olympeblogueuse, @PoulePondeuse, @Eleusie_ et toute les autres) genre avec les petits hauts Petit Bateau (ah ah, la blague) sans même évoquer l’affaire Décathlon qui est pour moi tout de même plus choquante. Mais bon.

Une bonne formation, mais trop courte. Une heure pour tous les sujets que l’on a abordé (et au sujet desquelles je me fendrai bien d’un article un de ces jours) c’était beaucoup trop peu. On a ressenti un soupçon de sexisme planant par-ci par-là, pour ma plus grande tristesse ; et on a parlé des relations entre médecins et sages-femmes. Ouais, définitivement je vais me faire un article sur le sujet.

 

Je n’ai rien mangé du déjeuner. J’ai eu une réunion avec mon groupe. Ma liste. Mes BF de maintenant. Et nous sommes allés au front.

D’abord le bureau précédent a fait ses adieux. Emouvants. Parce que je les ai suivis plus ou moins pendant un an, de plus ou moins près. J’ai vu beaucoup de choses, mais en même temps beaucoup trop peu. Avec une bonne semaine de recul, je m’en rends davantage compte. Après des larmes de joies et de tristesse, après des standings ovations, après plusieurs saluts, ils sont allés s’assoir et nous, nous sommes descendus.

Un amphithéâtre, vu d’en bas, rempli d’étudiants sages-femmes, c’est impressionnant. Là ta belle gueule et tes bons mots, le speech en béton que tu avais préparé pour avoir l’air cool, et bien tout ça disparaît. Tu prends le microphone et tout ce que tu peux dire c’est « Euh… vous m’entendez ? Euh… alors en fait… » Les surrénales pompent à mort. T’as beau être la seule liste, t’as peur quand même. Les questions sont venues peu à peu. Plus ou moins pertinente, de plus ou moins bonne foi.

On a été élu, on a terminé l’Assemblée Générale, et on s’est préparé. Parce que le Samedi soir, c’est le Gala !

 

Le Samedi, dans un congrès, c’est Gala. Des robes de soirée, des smokings (or not smoking) et une ambiance classe et festive. Les filles aiment les galas.

L’orga avait réussi à trouver un golf, à nous monter un barnum sur le green. Un orchestre, un DJ, des fauteuils énormes de maitre du monde donnant sur le coucher de soleil, la Méditerranée et une fontaine. Du champagne, des encas, un début feutré. Une soirée très réussi quoi. Totalement à l’inverse de la soirée de la veille.

 

Dimanche, accepte ta condition

Dimanche, je me suis réveillé et j’ai commencé à déconner. Dédramatiser. Non, ce n’est pas moi. Les responsabilités m’ont rattrapé dans les cinquante secondes qui ont suivi la première bouchée de mon petit déjeuner. Des questions simples mais en même temps, c’était à moi de donner une réponse. Une introduction un peu rude.

Ensuite j’ai géré deux trois choses, j’ai aidé l’orga à faire un peu de rangement et on m’a gentiment raccompagné au métro.

 

A la gare j’ai croisé des parisiens sur le retour, qui prenaient le même train que moi. On a beaucoup parlé, on a mangé un McDo (parce que le McDo post-AG, ya que ça de vrai) et on est rentré. Un week-end exténuant mais tellement exaltant.

 

Déjà une semaine et demie. J’ai commencé cet article en rentrant de Marseille. Il devait s’agir de mon dernier article, un article d’adieu. Que j’ai mis du temps à écrire parce qu’il me faisait mal à sortir. Mais je me rends compte que la seule chose qui m’a permis de le finir, c’est d’avoir eu l’envie de continuer à écrire.

 

Guettez donc le prochain article. Et pour que ce blog fonctionne, je m’en vais modifier un peu mon disclaimer.

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