Shadows

lundi 5 septembre 2011 § 5 Commentaires

 

Un balcon au quatrième étage d’un HLM mal vieilli du 19e arrondissement avec trois pulls sur un caramantran et une bicyclette. Je voyais l’immeuble moins gris et moins tagué. Je ne me souvenais pas non plus du Franprix et du SDF qui squattent le trottoir d’en face. Et je voyais ça plus vert et plus grand.

C’est pourtant là que j’ai vécu jusqu’à l’âge de 5 ans et demi, jusqu’à ce que ma famille déménage pour le marais, ses hôtels particuliers en friche (à l’époque) et ses magasins de grossistes.

Ces derniers temps j’ai l’impression que le passé cherche à me rattraper. Une vague impression. Je ne sais pas si la fille assise sur le bord du canapé sur lesquels j’ai rêvé de cartes fleuries et d’ouzo a quelque chose à y voir. Je dois les chercher mes fantômes, peut-être qu’il faudrait que je les affronte un jour.

 

Flashback

Je suis rentré de La Rochelle avec plein de joie dans le cœur. Une semaine avec des potes formidables, un dernier jour un peu galère pour tout remettre en état et un réveil difficile le lundi matin. J’ai tracé mes rattrapages sans vraiment prêter attention à quoi que cela soit. J’avais à moitié peur de m’effondrer devant ma copie (mais j’ai souri quand j’ai vu le sujet sur la 7e pare malienne… oh, hémorragie de la délivrance ?!) et à moitié peur de trop bien réussir et de passer en dernière année.

Une fois les écrits passés, j’ai déstressé un peu. Puis il y a eu l’enfer.

 

L’enfer, c’est l’épreuve qui me déchire les trippes à chaque fois. J’ai préparé mon sac la veille, en essayant vainement de retrouver mon stéthoscope de Pinard dans le bordel qu’est devenue ma chambre. J’ai pris un petit déjeuner complet (fait rare) et j’ai regardé mes œufs aux plats avec froideur avant de les refiler à ma mère. Parce que non, mon estomac ne supportera pas ce genre de trucs avant une clinique en double jury de rattrapage. La dernière fois que j’ai tenté un truc comme ça, c’était avant mon dernier concours de PCEM1 et le quai de Laplace – Maison des Examens s’en souvient encore.

Je suis arrivé avec une demi-heure d’avance pour éviter les mauvaises surprises. J’ai vu mes compagnons d’infortunes qui avaient eux aussi la trouille au ventre et qui se soignaient en lisant leurs fiches. J’ai jamais compris l’intérêt des fiches avant une clinique.

C’est seulement avant de partir voir ma patiente que j’ai appris que j’avais en plus une restitution orale devant Monsieur le Professeur de Service. Oh tiens, mon estomac tente de s’arracher de mon abdomen pour fuir en courant cette matinée.

J’ai donc vu ma patiente (toute gentille avec un placenta bas inséré et une fâcheuse tendance à saigner), j’ai raconté sa vie au professeur de service, il m’a posé deux questions et je suis parti sans demander mon reste. Surtout qu’arrivait le rendez-vous le plus redouté de tous : boire avec ma sœur.

 

Résolutions

J’ai bu avec ma sœur. Cela faisait fort longtemps. J’ai raconté ma vie et elle la sienne. Un mois de séparation, c’est long pour nous. Après cet entretien, j’ai dû me résoudre à lui donner raison : il faut que je passe un coup de balai.

Rappeler du monde, même ceux que je n’ai pas vu depuis longtemps. Et puis appeler les gens, sortir, faire du réseau comme on dit. Une amie à moi ajouterai un #travaillonscestlesvacances mais cela peut ne pas être approprié. Ou ne pas être considéré comme du travail.

Et surtout je vais ranger ma chambre, ce chaos ambiant. Même moi je trouve qu’il y a du laissez-aller et c’est pourtant rare que je me retrouve à éprouver cela. Cela prendra du temps.

 

Wake up

Un ami m’a réveillé avec ça la semaine dernière. Je me suis réveillé avec ça ce matin. Quelques cartes de Hanafuda étalée autour d’un cadavre de bouteille d’ouzo. La partie de jeu de rôle s’est tranformé en partie de carte et on a joué jusqu’à 4h du matin.

Je suis rentré chez moi. C’est un plaisir d’avoir des amis qui habite à 20 minutes de métro.

J’ai eu un déjeuner frugal et je suis ressorti avec mon père. Pour une fois, de façon rare, on a tourné le dos au marais et nous sommes montés vers le nord.

 

Revenir dans le quartier de son enfance alors qu’on y met les pieds très rarement, c’est un peu comme se prendre une claque 100% nostalgie dans la gueule. La réalité se superpose aux souvenirs d’enfance. On voit ce qui existe encore et ce qui n’existe plus. Les grilles et les graphitis qui sont apparus. Les groupes qui tiennent les coins de rue. Les restaurants qui ont ouvert, les restaurants qui ont fermé. Je suis repassé devant mon école maternelle de la rue Rampal et j’ai collé mon visage à la porte vitrée. J’ai vu un bout de cours et la tête de la femme de ménage qui passait le balai avant la grande rentrée des classes de demain.

On s’est arrêté boire une bière dans un des rares bistrots du coin. On a descendu une rue pleine d’artiste. J’ai découvert à ce moment là qu’il y avait une nouvelle piscine tout près.

J’ai traversé le quartier comme une ombre du passé, en cherchant des repères à moitié effacés.

Qui a dit que Paris était une ville morte ?

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