Une histoire de Queue

mercredi 21 septembre 2011 § 8 Commentaires

Ainsi votre héros entra en 5e et dernière année.

 

Je n’aime pas la rentrée. Et j’ai détesté celle là plus que les autres. Je suis resté au fond de mon lit, à regarder le plafond en écoutant le réveil sonner. L’impression que mes vacances d’été se sont enfuient en courant tant le mois et demi qui m’été échut est passé vite.

Et surtout je n’aime pas cette rentrée parce que, si tout va bien, c’est ma dernière rentrée. Bientôt la quille, comme dirait l’autre.

 

Résumé des épisodes précédents

Mon été a été d’une platitude totale. J’ai été à La Rochelle deux fois, j’ai été gavé dans des restaurants gastronomiques par mes parents (et mine de rien, entrée-plat-dessert quand on est habitué à plat, voir plat de nouille, ça donne des difficultés digestives). J’ai bossé, beaucoup. Peut-être trop peu mon mémoire. J’ai pris 4 jours de vacances avec des potes qui se sont transformés en 4 jours de boulot à 50%. Pourtant quand je ré-entends le « Ah non ! C’est des vacances, on va à la plage et on se met en off » j’ai envie de rire.

Bref passons.

Je suis parti à Lille pour le Congrès de la FAGE. On a causé Enseignement Supérieur, Questions Sociales, Communication. C’était cool de revoir plein de copines et de tailler un bout de gras avec elle. Plus elles montent en puissance, moins elles sortent là où je les vois d’habitude. Alors il faut bien que je m’adapte. Et ensuite je suis rentré chez moi pour la dernière ligne droite.

 

Et c’est là qu’a commencé le premier acte de la rentrée.

 

AES ?!

Ce premier acte commença par un appel banal. « Hey c’est **** ! Ca va ? T’es au –nom de bar– ? Je t’appelle parce qu’on découvert que Mme Y que t’as accouché en Juillet a fait une séroconversion VIH pendant sa grossesse et qu’on le savait pas ». Voyons. On se concentre, on repense. On voit la tête de la patiente (un truc niquel, une IIe pare, un accouchement génial, juste une petite déchirure que j’ai suturé… ) et puis on repense donc à la suture et le doute tacle l’esprit. On panique, presque, de façon totalement irrationnelle. Les gens autour nous regarde, blanc avec un téléphone à l’oreille.

J’ai donc appelé la cadre. Elle m’a dit qu’elle voyait et m’a rappelé une semaine après. Elle m’a envoyé une lettre qui est restée sur mon bureau jusqu’à mon retour de Lille. Et même, j’ai mis du temps à appeler pour prendre un premier rendez-vous. Que j’ai décalé. Et le jour du rendez-vous je suis arrivé avec 15 minutes de retard. Il y a peu de risque hein. Mais tout de même.

La médecin du travail m’a vu en coup de vent pour me demander les circonstances exactes de l’accident. Elle a râlé contre les conditions de travail des sages-femmes, la non utilisation systématique de lunettes de protections à usage unique, m’a demandé pourquoi on ne faisait pas tous les accouchements en casaque… Ah mais je suis d’accord. Juste que les maternités publiques ne sont pas Crésus et que sortir une casaque à chaque accouchement (avec les précautions d’habillage stérile) pour un geste qui au final reste surtout très propre, c’est dur.

Au moins ça me donnera une ligne de défense si je vais au tribunal administratif. ^^

 

Administration mon amour !

Et j’ai enchainé sur le deuxième acte : inscription à l’Université. Parce que oui, mon école est plus ou moins intégrée à l’Université, ce qui signifie que tous les ans je perpetue le même rituel.

Donc d’abord il s’agit de se motiver pour y aller. On sait que c’est une succession de queues. Oui, le jeu de mot graveleux est assumé.

Première queue : aller chercher son dossier quelque part au fond de la scolarité de la faculté de médecine. Je me plante devant le gars des inscriptions avec aplomb et force et je lui dit un beau « Salut ! Je viens m’inscrire en dernière année de sage-femme !» Il me jette un regard sceptique, regarde trois-quatre feuilles et me dit « Ah tiens, ouais ». Genre je suis improbable. Il me tend donc un dossier de réinscription.

Je hais ces dossiers. Déjà ils commencent par « Quel est votre numéro international étudiant à 14 chiffres ». Comment je remplis ça, j’ai autre chose à foutre qu’à m’en souvenir par cœur ok ?

Une fois les quatre feuilles cartonnées remplies, je le rend au mec qui discute avec moi 5 minutes de ma sécurité sociale. Non, je vous lâcherai pas un chèque de 200€ pour ma sécu, je la cotise tous les mois. Je la cotise ? Oui, je suis étudiant hospitalier. Oui je suis étudiant sage-femme, donc étudiant hospitalier. Il finit par céder, me met un coup de tampon et m’envoie en face.

 

Deuxième queue donc. Interminable. Cette queue est une #meta-queue. En fait, il faut juste faire la queue pendant 2 heure pour qu’une guichetière au sourire magnifique (cependant) regarde les 4 feuilles, y scribouille un truc et nous dise de passer dans une autre queue.

 

Troisième queue donc. On attend qu’un poste se libère pour qu’un étudiant sous-payé par l’université prenne la feuille et la code dans l’ordinateur. Voilà. Tout ça pour ça. Ils nous donne alors un papier pou aller faire la queue aux caisses.

 

Quatrième queue, celle qui fait le plus mal. C’est le moment où on passe à la caisse pour faire cracher au baquet. On prendra les cartes bleues et les chèques. On prend seulement la monnaie pour les boursiers.

Et quand on croit que c’est fini, ça continue : cinquième queue pour avoir le certificat de scolarité. Et septième queue pour la carte d’étudiant.

 

Pour faire un mauvais de jeu de mot : « Toutes ces queues pour moi ?! » Après ça, Knackie va encore dire que je suis gay.

 

Au festival des horreurs

Ainsi le grand jour arriva. Tambour, trompettes, discours du chef de service dans un amphi minuscule. Trente secondes. Puis un cours terrible : Présentation de la cinquième année. Juste avant la responsabilité pénale de la sage-femme.

Une heure et demi où une formatrice détaille impitoyablement le programme de l’année, les échéances, les cliniques, le mémoire, le DE… Je vais mourir ! C’est presque pire que ce que je pensais, surtout quand on amène les oraux et les écrits. Quand elle lâche les coefficients et le pourcentage de contrôle continu qui compte, quatre ou cinq personnes se mettent à calculer les points qu’il leur faut.

 

Bah, j’imagine qu’on survit. Sinon il n’y aurait pas de sages-femmes, pas vrai ?

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§ 8 réponses à Une histoire de Queue

  • Knackie dit :

    Oh oui, ce serait bien de faire tous les accouchements avec casaque, gant de DARU et lunettes de protection et puis des bottes en plastique aussi…. erm erm.
    J’ai beau faire attention, j’ai l’impression que l’AES et la sage-femme sont un peu…obligatoire, surtout avec le liquide amniotique, qui n’en n’a pas eu sur les bras pendant un TV? Ou en rompant? Pour ma part j’ai même eu droit au TV, membranes rompues avec doigtier troué (mauvais lot), j’étais verte.

    Pour les sutures c’est à risque… mais les aiguilles sont pleines contrairement à celles des prélèvements sanguins, ça limite.

    Et sinon, tu parles de queue avec insistance, tu regardes Glee, tu es gay.

    Puis félicitation, dernière année toussa, hourra hourra hehe

  • ambresf dit :

    mais oui on survit! quant à l’AES, si je devais tous les déclarer… je me souviens de mon premier, avec la gentille patiente qui me disait: mais ne vous en faites pas, je n’ai pas trompé mon mari pendant la grossesse! sinon, faire les accouchements en tenue de combat, 1) pas très agréable pour le couple en face, 2) ça tient chaud!
    allez, bon courage, on en sort vivant de la dernière année, ne t’en fais pas! pas si terrible en fin de compte!

    • Gromitflash dit :

      J’avoue… Les accouchements en scaphandre c’est pas la joie.
      Déjà que masque devient parfois vite insupportable…

      Moi c’est juste qu’il a eu lieu sans déclaration parce que personne n’était au courant qu’on a su très longtemps après sur un prélèvement de sang de cordon. C’est dire la charge virale.
      Mais bon… j’aurai la réponse d’ici une semaine alors ça ira.

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